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19 septembre 2009

Osh : les étudiants recherchent-ils les connaissances ou bien l’argent?


15.09.2009
Janarbek Akaev

La majorité des étudiants inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur de la ville de Osh, de front avec leurs études s’efforce de gagner l’argent nécessaire au maintien de leurs conditions de vie.
Au cours de ces dernières années, les étudiants plutôt que de se concentrer sur l’essentiel, acquérir des connaissances solides ou bien étudier à un bon prix, préfèrent de loin se faire employer à toutes sortes de postes pendant la période scolaire elle-même. Nazgül, étudiante en 3e année dans l’un des établissements supérieurs de Osh, travaille depuis déjà deux ans comme serveuse dans un café de la ville. Elle ne reçoit de ses parents que le minimum nécessaire à son alimentation, et pourvoient elle-même à ses dépenses quotidiennes.
- « Les cours durent jusqu’à midi, et l’après midi je travaille jusqu’à 19 heures le soir. Après la fatigue du travail, les cours je les prépare un peu le soir. Il y a beaucoup de revers à travailler pendant ses études, c’est dur pour nous, au café les clients viennent nombreux la nuit, on est obligé de laissé tomber un cours pour se rendre au travail. La moitié des étudiants dans notre groupe travaille. Ceux qui travaillent de nuit ont bien du mal à venir aux cours dans la matinée. »
Cependant Nazgül, en raison de son travail, ne peut pas non plus aller sur internet ou en bibliothèque. Enfin au moment des sessions d’examens d’hiver et d’été, faute de temps de préparation elle obtient des professeurs qu’ils lui mettent une note contre une partie de son salaire :
- « Quand je lui dis que je ne suis pas prête à cause du travail, la prof me dit alors de lui donner de l’argent. Grâce à l’argent j’arrive à passer les examens, mais je regrette de ne pouvoir allez en cours et d’avoir des insuffisances dans l’apprentissage des langues. »
A Osh des étudiants qui comme Nazgül plutôt que d’étudier se retrouvent forcés de travailler se comptent par centaine. Les médecins expliquent que le fait pour de jeunes étudiants de se lancer dans la vie active en même temps que de suivre des études, est cause d’effets indésirables pour leur santé et leur réussite scolaire. Akchach Joldocheva nous expliquent quels peuvent être ces effets :
- « Bien sûr, il y a des aspects négatifs. Parce que la condition psychologique et physiologique de la personne porte une influence directe sur sa santé. Par exemple, les étudiants qui sont de tempérament plutôt colérique s’efforcent toujours de réussir. Alors que ceux qui sont de type flegmatique ou mélancolique se découragent vite, et n’atteignent pas les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Ils ont des difficultés et finissent par échouer à leurs cours. »
Samat, qui en plus de ses études travaille dans une agence de publicité, fait parti de ces étudiants qui considèrent le travail plus important que les études :
- « Il reste difficile de trouver une place avec ce qu’on nous enseigne. Au regard de nos conditions de vie il est préférable de travailler, je pense. Avec le travail on n’a pas notre compte avec les études, avec le sommeil, mais les finances c’est obligé. »
D’après Samat, la majorité de ses amis considèrent leur travail comme prioritaire sur leurs études. Par exemple, dans leur groupe la moitié d’une classe de vingt étudiants travaillent en ville, et dans chaque classe on peut trouver de deux à trois étudiants, qui travaillent en Russie. Cependant, les analystes sont d’avis que ces derniers temps, la croyance chez la majorité des étudiants qu’il est possible d’obtenir un diplôme que l’on vienne ou pas en cours s’est fortement généralisée.

Radio Azattyk «Ош: Студентке билим керекпи же акчабы?» (traduction du Kirghiz)

18 septembre 2009

Osh, corruption dans les jardins d’enfant


Sans pot de vin, les portes des jardins d’enfant restent fermées pour les plus petits

16.09.2009

Janarbek Akaev

Dans la ville d’Osh deux employés d’un jardin d’enfant sont en état d’arrestation et une instruction pour délit est ouverte à leur encontre pour avoir exigé de la part des parents de l’argent au moment de l’accueil des enfants dans l’établissement.
Le service de presse de la police financière de la région a tout d’abords révélé les faits. Les organismes non gouvernementaux de protection de l’enfance de la ville d’Osh ont dernièrement également fait savoir que placer leurs enfants en jardin d’enfant était devenu une véritable source d’inquiétude pour les parents. Les parents de leur côté ne cachent pas que pour obtenir le placement de leurs enfants dans l’institution incriminée, ils avaient du payer ce service aux employés en espèce ou sous forme de dons de valeurs.
Dans la ville d’Osh où vivrait aujourd’hui environ un demi-million de personnes, il n’y a en tout et pour tout que 28 jardins d’enfant. C’est probablement pour cette raison que les parents se plaignent de ce que placer son enfant en jardin d’enfant soit devenu une énorme source de problèmes. « Si seulement vous refusez de vous adresser directement au personnel et de payer en espèce ou bien d’acheter tel ou tel appareil, les portes du jardin d’enfant se ferment alors pour votre enfant », expliquent les parents.
Sapargul Jalieva a été elle-même forcée de payer un pot de vin pour faire entrer ses enfants au jardin d’enfant. D’après elle, chaque établissement a ses propres prix pour accepter les enfants. Combien faut-il payer, ou bien quel appareil est-il nécessaire de donner les employés des jardins d’enfant le disent ouvertement aux parents, raconte Sapargul :
- « Si vous allez sur place, vous pouvez être certain qu’on vous répondra qu’il n’y a pas de places disponibles. Mais il reste toujours possible de faire garder votre enfant contre de l’argent. Même s’il y a effectivement de la place disponible le fait de demander des faveurs aux parents est devenu une habitude. J’ai placé mes deux enfants en jardin d’enfant, pour le premier j’ai offert un grand bocal de marinades, pour le second il m’a fallu payer 2000 soms. Chaque endroit a ses propres prix. Les responsables vous le disent sans détour ou bien vous payer, ou bien il faut leur offrir quelque chose de valeur. »
Quant aux employés des jardins d’enfant, ils expliquent que 28 institutions pour la seule ville de Osh est décidemment vraiment peu. Pour cette raison, ils se retrouvent forcés d’accepter beaucoup plus d’enfants que le nombre initialement défini. Cependant, ces employés se dédouanent au moyen de divers prétextes de l’accusation de corruption, qu’ils jugent infondée :
- « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que de telles pratiques ont lieu. Si cela a pu être vrai pour financer des réparations, ce n’est désormais plus le cas. Les jardins d’enfant sont également sous pression. Par exemple, alors qu’il faudrait avoir 20 enfants dans chaque groupe, nous en avons de trente à cinquante et même jusqu’à soixante.
Le fond caritatif « Blagodat » de protection des droits de l’enfance de la ville de Osh, s’est longtemps agité pour dénoncer la situation selon laquelle ces dernières années la pratique de toucher des pots de vin lors de l’accueil en école ou jardin d’enfant prospère également dans les cliniques pour les naissances.
Le juriste de ce fond, Ravchan Najibaev raconte l’inaction des organes chargés de la lutte contre les faits de non-respect des droits ou de corruption devenus pratique courante dans la région.
- « Les forces de l’ordre devraient lancer une enquête couvrant des cliniques jusqu’aux jardins d’enfant et aux écoles. La majorité des parents viennent se plaindre à nous de la corruption. Je ne peux pas dire qu’il n’y est pas d’école qui se mêlent de corruption. Mais ce qui se cache derrière tout cela est très alarmant, la corruption prospère, est-il normal que les parents aient à se décarcasser pour trouver deux ou trois milles soms pour le jardin d’enfant ? Dans de telles conditions les enfants pourraient aussi bien cesser d’aller à l’école.»
D’après ce que nous en apprend Najibaev, la corruption qui devient au Kirghizstan à un spectacle quotidien, a rapidement pris racine dans les écoles secondaires et les jardins d’enfant. D’après les experts, il n’est aujourd’hui pas possible au Kirghizstan d’avoir accès à une éducation sans corruption depuis la naissance, en passant par les jardins d’enfant, les écoles secondaires et les établissements d’enseignement supérieur jusqu’à l’âge adulte. Cependant les autorités Kirghiz expliquent être entrées dans une lutte ininterrompue et effective contre la corruption.

Radio Azattyk «Ош: Бала-бакчадагы коррупция…» (traduction du Kirghiz)

Les prix de la nouvelle rentrée des classes au Kirghizstan


29.08.2009

Yrysbaï Abdyraïmov, Zamira Kojobaeva

Aujourd’hui dans le cadre de notre rubrique «le bazar et les hommes» nous aborderons le sujet des prix des uniformes pour les élèves, ainsi que ceux du matériel scolaire.
Voilà, ainsi que les vacances d’été se terminent, et une nouvelle année scolaire commence. C’est pour les parents le début d’une période où il leur faudra acheter pour leurs enfants de nouveaux vêtements et tout le matériel scolaire incluant jusqu’aux manuels scolaires, car ceux-ci dans quelques jours franchiront à nouveau le seuil de leur école.
La majorité des parents, très pris par les préparatifs de cette rentré, occupés à faire le tour des bazars et autres boutiques, nous ont confié que cette année les prix ovaient considérablement augmenté. Et maintenant, de leur côté les commerçants tirent prétexte pour cela de la hausse continue des cours du dollar américain. D’après Maral, que nous avons rencontrée sur le bazar « Dordoï » à Bishkek, où elle vend au détail jupes noires et kaftans blancs que portent les petites filles à l’école, les uniformes ont beau être cousu sur place au Kirghizstan dans des ateliers de couture locaux, les tissus bruts que l’on utilise sont importés de l’étranger. C’est la raison pour laquelle, de toute les façons la hausse du cour du dollar ne peut rester sans influence sur les prix.
Pour tout dire le cours du dollar, l’année dernière, était inférieur de 10 soms à ce qu’il est actuellement. En effet, au 23 août de l’année passée la banque nationale affichait dans ses indicateurs un taux de change de 1 dollar pour 34,75 soms, quand les taux actuels sont de 1 dollar pour 44 soms.
Pour ne pas trop nous éloigner du thème de discussion et en revenir aux préparatifs de la rentrée, aujourd’hui les prix au bazar d’une chemise blanche que portent les élèves, filles comme garçons, commencent à partir de 250 soms. Jupes et pantalons se vendent également au même prix. Evidemment, les prix fluctuent aussi beaucoup en fonction de la qualité des produits. Les chaussures et vêtements de sport que portent les élèves aux cours d’éducation physique se trouvent à des prix dépassant 500 soms. Pour aller à l’école, il faut également se procurer hormis uniformes et vêtements de sport tout le matériel scolaire de l’élève. A ce propos, un simple cahier de 12 pages peut s’acheter à partir de 3 soms. Les prix des cahiers varient encore en fonction de la qualité du papier, de la région d’importation qu’il s’agisse de la Russie ou bien d’autres pays étrangers. Les stylos s’achètent à partir de 3 soms, les boîtes de 6 crayons à dessin à partir de 12 soms, et les albums à partir de 15 soms. Si l’on devait ajouter aux cahiers et livres le prix des papiers de couleur, des boîtes de peinture, et autres objets nous n’en finirions plus. A notre époque, le nombre de livres de cours disponibles est bien souvent insuffisant dans les écoles, et il faut aux parents se les procurer sur le bazar. Le prix des livres d’école d’occasion sur le bazar est supérieur à 250 soms, et dépasse 500 soms pour de nouveaux livres.

  • LES PRIX A JALAL-ABAD
Dans l’oblast de Jalal-Abad le coût total des préparatifs de la rentrée afin d’habiller un écolier de la tête aux pieds, et de lui acheter livres et cahiers tiennent dans une fourchette entre 2500 et 5000 soms. Les parents qui ont répondus à nos questions, expliquent que cette somme ne comprend néanmoins pas les coûts concernant l’achat des vêtements de sport, sous-vêtements, chapeaux et livres.
Les parents de la petite Aziza ont acheté à Bishkek hormis son uniforme l’ensemble des vêtements dont son petit frère a besoin pour entrer en 3e classe à Aksy.
- « Parce qu’en comparaison avec ce qui se fait dans notre région, il y a sur les bazars de la capitale une plus grande capacité de choix quant à la qualité des vêtements. De même les prix à Bishkek sont également inférieurs à ceux pratiqués sur le bazar de Jalal-Abad. Il n’est pas évident pour les habitants des villages d’avoir à dépenser une trop grande somme d’argent pour les vêtements de leurs enfants. »
D’après les dires de Chyrmash Dooronov, à la tête des services d’éducation de la ville de Jalal-Abad, il n’y a pas de problème dans les écoles de la ville quant au remplissage des effectifs enseignants. Aussi s’agissant des écoles où l’enseignement est dispensé en langue kirghize, les livres sont dans plus de 90% des cas fournis par l’établissement.
- « En fait les problèmes tiennent principalement au manque de manuels scolaires dans les écoles russes et ouzbèkes. Bien qu’il y ait eu plusieurs millions de soms investis pour le tirage des nouveaux manuels adaptés aux programmes scolaires, en pratique on s’aperçoit que les besoins réels sont de 3 à 4 fois supérieurs à cela. Les manuels sont en principe donnés gratuitement aux élèves, mais les manuels manquant ce sont les parents qui les achètent sur le bazar. On ne peut pas imposer à tous les élèves le port de l’uniforme. La tenue vestimentaire dépend de ce que veulent porter garçons et filles, - explique Chyrmash Dooronov. »
Elmira Mavlyanova habitante de la ville a un fils qui va à l’école. Elle lui a acheté les vêtements nécessaires. Les manuels sont fournis par l’école, les enfants doivent pour cela payer une redevance de 40 soms.

  • L’UNIFORME SCOLAIRE UNIQUE RENDU OBLIGATOIRE ?
Depuis l’année dernière le ministère de l’éducation poursuit ses efforts en faveur du port d’un uniforme scolaire unique pour toutes les écoles générales. C’est ainsi conformément aux indications du ministère, que l’année dernière l’uniforme unique a été rendu obligatoire pour les classes de première année. Cette année, certaines écoles sont parvenus a implanté le port de l’uniforme unique pour les étudiants de 5e, 6e, 7e, 8e et 9e classes. Cependant ces écoles restent en petit nombre. En général, bien que le port de l’uniforme unique soit un choix visant à atténuer les différences d’ordre social entre étudiants, et à influencer de manière positive sur le moral des élèves et les conditions d’enseignement, certains parents s’opposent à cette mesure.
Gulnara Karybekova, qui a une fille à l’école à Bishkek, est d’avis que les tissus dans lesquels sont cousus les uniformes scolaires ne sont pas adaptés à la morphologie des élèves, pour cette raison elle refuse que sa fille en porte un :
- « Je ne dirai pas le nom de l’école, mais ils ont exigé que mon fils qui est en première ait un uniforme. Mais autant le tissus, que la coupe de ces uniformes me déplaisent. Premièrement, c’est un tissu synthétique, ce qui est mauvais pour la santé des enfants. En plus de quoi mon fils a une peau sensible, et développe des allergies aux tissus qui ne lui conviennent pas. Deuxièmement, les doublures intérieures sont cousues à partir de tissus de basse qualité, qui s’usent trop vite, et donnent l’air d’épouvantail aux enfants. Voilà pourquoi j’ai refusé cet uniforme. Je préfère pour la même somme, ou même si cela doit être plus cher, acheter à mon fils des vêtements cousus dans des tissus à partir de fibres naturelles. »
Certains parents disent aussi leur mécontentement au sujet de cet uniforme unique dont le prix est supérieur à ceux du bazar.
La majorité des écoles ne sont pas encore passée à l’uniforme unique, cependant elles exigent de leurs élèves qu’ils assistent aux cours vêtus de pantalons ou de jupes noirs ainsi que d’une chemise blanche. Pour les filles le port du pantalon est interdit tout au long du mois de septembre, et pour la coiffure ne sont autorisés que les élastiques de couleur blanche, explique Svetlana Tulkieva professeur en première classe à l’école secondaire numéro 59 de Bishkek.
- « En règle générale, l’uniforme unique permet d’atténuer les différences entre élèves. Les élèves ne se divisent plus entre ceux qui ont un bon ou un mauvais niveau de vie. Parce que dans le cas contraire les enfants sont soumis à pression, se divisent et de nombreux sujets de discension se font jour entre eux. Tout cela porte un effet négatif sur la tenue de l’enseignement. Pour cette raison, même si notre école n’applique pas encore le régime de l’uniforme unique dans toutes les classes, de la première à la dernière année de cours nous exigeons des élèves qu’ils viennent en chemise blanche et en jupe noire pour les filles, en pantalon noir pour les garçons. Les filles ne sont autorisées à porter le pantalon que lorsque les températures viennent à baisser. »
Il est connu de tous, que les dépenses scolaires ne s’arrêtent pas avec la préparation des enfants pour la rentrée, par l’achat de vêtements et de matériel scolaire. Ormis les frais d’inscription dans un établissement, avec tout au long de l’année le paiement mensualisé de participation aux finances de l’école, puis à la fin de l’année la participation aux frais de réparation, les redevances pour l’utilisation des manuels scolaires, les compléments de salaire que l’on paye aux personnel d’entretien, de sécurité ainsi qu’au personnel enseignant et autres la liste des frais à la charge des familles est encore bien longue. Cependant, nous reviendrons ultérieurement sur l’ensemble de ces sujets.

Radio Azattyk «Мектепке даярдыктын баасы » (traduction du Kirghiz)

17 septembre 2009

A deux pas du lac atomique le village de Sarjal, privé d’eau potable, se meurt


Dans une région du Kazakhstan, il reste comme témoignage des projets pour une « énergie atomique pacifique » conduit à l’époque soviétique un lac atomique. Les habitants du village de Sarjal, qui vivent à proximité du lac, affirme quant à eux n’avoir aucun accès à une eau potable propre.

  • UNE RADIOACTIVITE 50 FOIS SUPERIEURE A LA NORMALE
Si vous ouvrez une encyclopédie de l’époque soviétique, vous pourrez y lire, que parmi les objectifs poursuivis par les scientifiques en charge des programmes nucléaires, figurait la constitution de réservoirs d’eau à destination de projets d’irrigation pour l’agriculture dans les zones particulièrement arides. Suite aux très nombreux essais d’armes nucléaires dans la région de Semeï, la terre reste marquée de profondes cicatrices, gouffres béants, montagnes écroulées et d’un lac atomique.
D’après les informations rendues disponibles par l’institut de prévention des risques nucléaires et de l’écologie, le 15 janvier 1965 les autorités firent procéder à une explosion souterraine d’une amplitude de 140 kilotonnes. Suite à cette expérimentation se forma un gouffre d’une profondeur excédant 100 mètres et d’une périphérie de 400 mètres. L’amplitude de cette explosion est de 9 fois supérieure à celle de la bombe lâchée en 1945 sur Hiroshima. Par ailleurs, l’explosion ayant été effectué à la confluence des rivières Shaghan et Ashysu, dés le printemps de cette année 1965, les eaux qui s’y déversaient remplir le gouffre, et le lac atomique apparut.
Les différents films réalisés par les soviétiques au sujet du polygone d’essais nucléaires de Semeï nous apprennent ceci : Des prélèvements d’eau eurent continuellement lieu sur toute la périphérie du nouveaux réservoir, et ce à différentes époques ; les résultats des tests ensuite poursuivis mettaient en exergue l’absence de risque pour la santé humaine des eaux du réservoir et la possibilité de leur utilisation pour l’irrigation et l’abreuvement du bétail.
Cependant, d’après Sergueï Loukachenko directeur de l’institut de prévention des risques nucléaires et d’écologie, les résultats de tests réalisés récemment sur une courte période ont permis de mettre en évidence l’existence de zones contaminées par les radiations. La région du lac atomique en fait bien sûr partie.
Comme il est fait figuré dans les matériaux de recherches portant sur le polygone d’essai de Semeï, que l’institut a publié en 2008 dans des revues de vulgarisation scientifique, il a pu être mis en évidence lors d’études sur les milieux aquatiques dans les environs du polygone que la rivière Shaghan étaient entièrement contaminées par les résidus des essais nucléaires.

  • LE VILLAGE DE SARJAL
Le village de Sarjal se trouve à proximité du lac atomique, la centaine d’habitant qui y demeure survit dans une très grande précarité. Pour ne pas parler du reste, le village est privé d’eau potable.
Shamil Omarkhanov habitant du village au journaliste d’Azattyk :
— « Quand on allume la télé, on nous parle sans arrêt de la nouvelle installation de conduites d’eau potable dans telle ou telle localité. Et personne n’a rien à faire de nous qui vivons sur le polygone. De savoir si c’est de l’eau que l’on boit ou bien du poison ? »
Les habitants de Sarjal estiment que les eaux du lac parviennent également à contaminer les eaux des nappes phréatiques. D’après Aïken Akimbekov, habitant du village, lorsque le vent souffle en provenance du lac, l’air est empesté au point de ne plus être respirable. Quant à l’eau du lac elle est impropre à la consommation :
— « Boire l’eau, voir même respiré l’air de ce lac est impossible. L’air puant qui nous vient du côté du lac vous fait tourner la tête. On serait d’accord si l’on nous proposait de quitter ce lieu. Que l’on puisse respirer un air pur le reste de notre vie et le passer dans la joie avec nos enfants. »
40 ans après la formation du lac, le bétail refuse toujours de boire de son eau, et les oiseaux désertent ses rivages. Les habitants du village de Sarjal considèrent que les maladies cardiaques, l’hypertension qui affectent la majorité d’entre eux ainsi que les naissances d’enfants lourdement handicapés ont pour cause les déchets radioactifs que charrie le vent qui souffle en provenance du lac. Si l’on en croie les habitants du village, les autorités kazakhes ne sont d’aucune aide aux populations qui vivent sur le territoire de l’ancien polygone d’essais soviétique.

  • LES POISSONS DU LAC
De nombreux habitants de la région de Semeï n’ont pas oublié à ce jour, les poissons que l’on amenait à la vente fraichement pêchés du lac. A l’époque personne n’aurait pensé qu’avec le poisson c’était les radiations que l’on amenait en ville.
Lidya Andreeva habitante de la ville de Semeï, a fait le récit suivant aux correspondants de radio Azattyk :
— Je connaissais un homme qui est à présent décédé, il vivait à Semeï à l’époque des essais nucléaires, et est même parti travaillé par la suite sur le site de Tchernobyl. Voilà, celui-ci avait l’habitude de plaisanté en disant : « j’ai pris des radiations pour l’équivalent d’une centaine d’années, maintenant plus rien ne me fait peur, et pour en rajouter je prends du poisson radioactif chaque matin pour mon petit déjeuner ». Malheureusement, il est mort de suite d’un cancer de la peau.
D’après ce qu’en disent les habitants du village, successivement à l’apparition du lac dans la steppe de Semeï, de nombreuses personnes non contentes d’en pêcher les poissons, venaient se baigner dans ses eaux et y abreuver leur bétail. Le lac atomique pourtant site d’expérimentation n’a jamais été gardé et ne l’ai toujours pas à ce jour.
Sergueï Loukachenko, directeur de l’institut de prévention des risques nucléaires et de l’écologie, rejette quant à lui toute allégation de risque pour la cité des populations du polygone :
— Le site du polygone ne représente absolument aucun risque pour les habitants du Kazakhstan. Oui, en effet le polygone n’est pas mis sous garde, nous ne disposons pas des finances qui nous le permettrait. Ce étant je souhaite ajouter, qu’il n’y a pas de radiations dangereuses ou bien inoffensives. Tout le problème tient à la perception que l’on se fait du niveau de dangerosité ou d’inoffensivité du phénomène — explique-t-il.

  • PAS D’ARGENT POUR LA SURVEILLANCE DU SITE
Suivant l’avis des experts, des mises en garde ont à ce jour été réalisées à propos de la nocivité du site et des risques pour la santé humaine. Mais, les habitants du village n’en ont cure. Le polygone est devenu pour eux leur principale source de revenus : en creusant le sol, ils en récupèrent les cables restés enterrés qu’ils refourguent ensuite au titre de ferraille usagée.
Janbolat Ghylmanov, vétérans de l’atome de l’URSS, explique ce qui suit au journaliste d’Azattyk dans un interview :
— Ceux qui déterrent ces cables, n’ont pas conscience que se faisaint ils ramènent à la surface les dangereuses particules nucléaires absorbées par le sol. Nous avons porté plusieurs fois des propositions quant à la surveillance de ces sites à l’attention des autorités Kazakhes. Mais, au final il se trouve que tout se résout à une question de finances.

  • SOUS LE NOM DE « DEGELENGIKUM »UNE NOUVELLE PLANTE A FAIT SON APPARITION
D’après les habitants des villages de Degueleng et Sarjal, sous l’effet des essais nucléaires souterrains menés dans la région, on a commencé a y trouvé depuis environs deux ans une nouvelle plante qui était jusqu’alors inconnue des scientifiques.
Cette herbe (dont l’on a su par la suite qu’elle n’est pas vénéneuse) est une nouvelle espèce végétale. Les villageois disent qu’elle n’a été découverte que récemment. Elle entre désormais dans la nomenclature de la flaure du Kazakhstan. En référence à la région où elle pousse, elle est connue sous le nom de « Degelengikum ».
Le site expérimental de « Degeleng » était utilisé pour des essais de moyenne et faible intensité. Comme le montre le résultat d’études et d’observations portant sur plusieurs années, les résidus nucléaires des essais de bombes continuent à se propager par l’intermédiaire de l’eau.
D’après les documents de l’institut de prévention des risques nucléaires, un phénomène de mutation des végétaux de la région est en cours. C’est spécialement le site d’expérimentation de Degeleng qui attire l’attention des experts. Les experts kazakhs explique que l’étude des animaux et végétaux de cette zone permettra de découvrir encore nombre de nouvelles données.

Radio Azattyk «Атом көлі маңындағы ауыз сусыз отырған Саржал ауылы тозып барады » (traduction du Kazakh)

25 avril 2009

Kazakhstan, répercutions de la crise financière sur l'emploi


Chymkent, augmentation du nombre de chômeur parmi les diplômés du supérieur, les autorités multiplient les programmes de formation pour travailleurs


13.04.2009, Mira Mussilim

Dans la région du Sud Kazakhstan au cours des deux derniers mois, plus de 3000 personnes ont rejoint les rangs des chômeurs. D’après les informations de l’agence régionale de statistiques, si au mois de décembre le nombre de chômeurs dans la région atteignait 8 818 personnes, cet indicateur en l’espace de deux mois a atteint 12 120 personnes.
Cela reste les statistiques officielles, car d’après des données de source officieuse, le nombre de chômeurs dans la région auraient atteint 75 milles personnes. Avec la crise financière mondiale, plusieurs grands sites de production ont été contraints de réduire leur temps de travail, et parfois même de cesser toute activité. La majorité de ceux qui se retrouvent ainsi sans travail en est à chercher par elle-même le moyen de se tirer d’affaire.
A ce jour tout ce que les autorités locales ont entrepris dans la lutte contre ce chômage de masse, se limite au recensement et à l’établissement de liste des chômeurs, explique Igor Dvortsov un habitant de la ville de Chymkent qui a été licencié il y a 6 mois. Lui, qui jusqu’alors travaillait comme réparateur automobile, affirme que depuis son licenciement il n’y a pas une porte où il n’ait frappé à la recherche de travail.
—« Personnellement du travail j’en ai cherché absolument partout. Et toujours, on vous répond la même chose : « C’est la crise, pas de travail ». Il ne reste pas d’autres issues que d’aller s’inscrire auprès des programmes de réinsertion professionnelle. Ma femme fait du commerce dans un des bazars de la ville. Ses affaires aussi vont mal. Parce qu’aujourd’hui les gens n’ont pas d’argent ».
—« Bien que j’aie déjà dépassé la quarantaine, je me suis décidé à essayer d’apprendre une autre spécialité. Mais, quant à ce qui est de trouver un nouveau travail, je ne vois rien venir. Alors, je sais bien que c’est tout des soucis pour rien. Du coup, pour m’en tirer il me faut faire le taxi avec mon véhicule personnel », — nous explique un diplômé du supérieur, que la crise a déjà fait déchanter.
Pour les responsables des services concernés, le moyen le plus significatif dans la lutte actuelle contre le chômage, reste l’organisation de formations de courte durée à de nouvelles compétences et techniques pour les travailleurs déclassés.
— « On s’attend, à ce que soit bientôt dégagé du budget national un effort d’un demi-million de tengués pour la seule ville de Chymkent. On vise à utiliser cet argent pour respécialiser gratuitement près de 5 000 personnes. Un appel d’offre a été passé auprès des institutions en charge de tels programmes. Dans un proche avenir, les personnes au chômage qui en manifesteront la volonté se verront offrir la possibilité d’apprendre toutes les ficelles d’une nouvelle spécialisation. Et à côté de cela, il y a un projet visant à aider l’insertion professionnel des jeunes », — raconte Bakhytjan Bekayilov, adjoint au directeur du département en charge de l’insertion professionnel et des programmes sociaux de la ville de Chymkent.
D’après ce qu’il en dit, un des différents projets inclus dans le plan d’action préparé par les autorités a été dénommé « feuille de route ». Un financement d’un milliard de dollars a été examiné au titre du budget national pour la réalisation des objectifs liés à l’insertion professionnelle, et la mise d’obstacles à la monté du chômage.
Il faut préciser que le projet, sur lequel les autorités misent tous leurs espoirs, dépend de l’ouverture de centres pour la respécialisation des chômeurs et des personnes licenciées. De cette façon un centre, récemment ouvert au sein d’un établissement d’enseignement supérieur, a déjà commencé à tourner dans l’aydan de Sary-Aghach.
Y sont donnés des cours payants pour la formation à 20 spécialisations et professions, que l’on présente comme particulièrement en adéquations avec les besoins en main d’oeuvre actuels. Les frais d’inscription pour un programme de deux à trois mois, sont compris entre 10 000 et 20 000 tengués.
— « La demande est en augmentation concernant des professions telles que soudeur, conducteur, contremaître, électricien… Et surtout, les étudiants de finance, d’ingénierie, manifestent de l’intérêt pour l’apprentissage supplémentaire de telles spécialisations » — nous dit Mutal Turtaev, formateur et directeur du département des entrepreneurs et sociétés du Sud Kazakhstan.
Conformément à des programmes internationaux, les professionnels de l’enseignement du fonctionnement du monde des affaires font remarquer aux professeurs d’universités, qu’en cette période de crise financière, il ne peut pas être mauvais de maîtriser plusieurs spécialisations différentes.
— « Connaître les moyens efficaces de monter une affaire rentable et durable, est devenu un plus que personne ne peut se permettre de négliger. Ceux-qui souhaitent désormais apprendre comment consolider leur société commerciale, comment résister à la crise sont nombreux. Surtout en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises. Avec cette crise qui s’étend à toute la planète, ces problèmes deviennent particulièrement actuels. Ceux qui suivent nos cours se voient remettre un diplôme de complétion. Il y a surtout une demande très nombreuse pour les formations professionnelles dans les zones rurales. Tant que le diplôme est gardé au chaud, quelque soit le travail en question, il faut toujours savoir s’adapter », — explique un formateur.
Professeur à l’université M.Ayézov de Chymkent, Möldir Tölegenova qui ne cache pas que depuis déjà un certain temps elle n’excluait plus de changer de voie pour entrer dans les affaires, s’est engagée pleinement pour pouvoir parfaitement maîtriser le monde des affaires. Elle considère, que plutôt que de se retrouver sans emploie, il est de l’intérêt des professeurs d’apprendre une nouvelle profession.
— « De nos jours, tout change si vite. Nous ne savons pas de quoi sera fait demain. C’est une époque où chacun vie pour soit, et ne peut se fier qu’à ses propres forces. J’ai de moi-même décidé d’apprendre tout ce qui concerne la tenue d’un business. Il n’y a rien d’extraordinaire à ce que je doive changer de spécialisation », — explique-t-elle.
Khamidi Issabekov, un habitant de Chymkent qui n’a plus retrouvé de travail stable depuis plusieurs années, est venu se joindre aux rangs des chômeurs alignés dans la rue. Le nombre de ceux-qui, chaque jour, viennent ainsi chercher du travail sur le marché du travail au noir, dépasse le millier. Khamidi, qui nous raconte qu’il a vu les files s’allonger de jour en jour, n’a jamais entendu parler des formations de courte durée dispensées par les services de l’état. Lui qui vient chaque jour sur le bazar avec l’appréhension de gagner son pain, avec ses enfants à nourrir, n’a qu’une chose à nous dire :
— « Parmi ceux qui sont là à chercher du travail, debout dans la file, il y en a qui ont fini des études supérieures, le lycée. Ce n’est pas des illettrés. Néanmoins, en l’absence d’emploi stable. Pas la peine d’étudier ces cours, qu’est ce qui n’est pas à notre portée ? On peut effectuer tous les tipes de travaux manuels. A quoi bon passer par leurs cours ? Il y a pas à dire personne pense à nous. Dans un autre pays, si ça se trouve on serait pris en charge par l’état. Mais chez nous chacun s’occupe de soit. Ceux de l’akimat, de la municipalité sont comme des chevaux dans une stalle confortable, ils en ont rien à faire des autres, il y a rien à tirer de ces chefs qui se montrent dans leurs grosses voitures », — explique t’il.

Azattyk radioci, "Шымкентте жоғары білімді жұмыссыздар саны артып барады, билік жұмысшылар даярлау курсын көбейтпек" (traduction du kazakh)

6 avril 2009

Toute notre histoire enfouie sous les bazars


Avez-vous remarquez ? Toute notre histoire est enfouie sous les bazars. En effet, que l’on parle de mausolées, ou bien de cités, tout cela est sans conteste possible le résultat calamiteux des politiques brutales menées par les autorités soviétiques d’hier. Par leur faute, nous en sommes réduit à piétiner notre propre histoire. A en croire les recherches menées par d’éminents orientaliste, les ruines de l’ancien Taraz se trouveraient sous le site actuel du bazar centrale de la ville. Dés lors chaque année quand le temps est au réchauffement, Taraz s’emplie de rumeurs selon lesquelles le bazar Tölebaï sera bientôt relocalisé, et que des fouilles vont commencer. Bien sûr, que le bazar puisse être relocalisé n’est pas une nouveauté en soit. Dans de nombreux centres régionaux, on a déjà délocalisé les bazars vers l’extérieur de la ville afin de réorganiser le centre ville. Cependant, la municipalité de la ville de Taraz n’a pas jusqu’à aujourd’hui franchis le pas. Si en vérité, un travail de fouilles archéologiques doit être entrepris en cet endroit, alors ce ne serait pas seulement Tölebaï, mais plus d’une dizaine de bazars qui y sont installés, qu’il faudrait alors déménager. Cela représente bien sûr un poids énorme pour le budget de la municipalité. Cependant, il devient évident suite à nos entretiens avec les professionnels concernés, que les difficultés ne se bornent pas à la seule question de la relocalisation de ces bazars vers l’extérieur de la ville.


Est il exacte que le bazar « Tölebaï » sera déménagé ?

  • Arkhabek Tölebaev, directeur du bazar « Tölebaï » :
–« le 15 juin 1998, la compagnie Tölebaev a gagné ce bazar par appel d’offre, depuis ce temps nous faisons notre travail. De 5 à 6 milles personnes y font du commerce. Ces dernières années le chômage a gagné du terrain, les gens du peuple ont pu trouver grâce au bazar de nouvelles sources de revenus. Actuellement sur ce bazar, on trouve en majorité nos voisins kirghizes. Il y a deux ans de cela, nous avons réparé la section boucherie pour 16 millions de tengués. Depuis que le bazar existe, c’était l’un des plus anciens bâtiments. Pour une superficie de 9 hectares, nous achetons chaque année de 300 à 400 tonnes d’asphalte, nous avons aussi recouvert les édifices. Quelques personnes disent « nous allons creuser le bazar, lancer des recherches »… ça fait plus de 10 ans qu’on en parle. Un des points négatifs, c’est que nous ne pouvons pas édifier de nouveaux bâtiments, ni effectuer de réparations complexes à l’intérieur du bazar. Parce que le bazar est sous la protection de l’état… Nous n’avons que l’autorisation de faire des investissements légers et temporaires. De nombreux commerçants ne comprennent pas cette situation. Si jamais, on nous dit « on creuse sous le bazar, déménagez », je ne serai pas contre. Avant même qu’on en vienne là, j’ai rendu à l’état la propriété d’un parc de 9 hectares, juste au centre de Taraz, le parc Khaïrat Ryskulbekov. Si cela est rendu nécessaire par l’intérêt national, alors je suis même prêt à donner le bazar. Pour parler en bon musulman, moi, je ne suis que le gardien de ce bazar.
  • Alibek Amze-uly, Directeur du bureau régional de la culture, région de Jambyl :
–« L’histoire de la ville de Taraz remonte à une époque très ancienne. Il y a une hypothèse d’après laquelle les strates laissées non pas par une, mais 3 ou 4 cités anciennes, existerait sous le bazar centrale. D’une certaine façon, je suis d’avis, qu’il est peut être préférable pour l’instant, qu’il n’y ait pas d’excavations sur le site du bazar. Ce qui est en question c’est notre insuffisance de culture portant sur les problèmes du travail de fouilles, et l’archéologie. Déjà de nombreux vestiges de ville ont été fouillés, avant d’être finalement abandonnés en plein air. Alors, abstraction faite des dégâts causés par la nature, la pluie, les précipitations, les dégâts causés par l’homme sont eux sans limites. Certes, les scientifiques disent que pour les générations futures nous devons fouiller ce site, découvrir des preuves historiques. Mais se lancer dans ces travaux, pour ensuite abandonné le site en plein air serait une atteinte à la science. Donner du point sur la table, pour pouvoir dire « Ce site est celui de la ville truc» ou bien « voilà le site, où se déroulèrent tels évènements historiques ». Est-ce là tout ?
Il y a vraiment sur le territoire de notre région beaucoup de ruines d’anciennes cités. Chacune rend nécessaire la réalisation de recherches. Par exemple, la ville d’Akhtöbe dans le département de Chui. D’après les photos prises de l’espace, il apparaît clairement que la cité antique occupait une superficie de 70km². Au minimum 500 milles personnes auraient vécu dans cette ville. Au Kyrghyzstan voisin, dans les environs de la ville de Tokmak sont situées les ruines d’une ancienne cité, dont la superficie atteint de 2 à 2,5 hectares. Ils ont obtenu que ce site entre au patrimoine de l’UNESCO, comme étant la ville de Balasaghun. Et pour moi, la ville de Balasaghun ressemble fort à ce que l’on peut trouver sur un site comme Akhtöbe dans notre département de Chui. Si nous en venons au patrimoine de Taraz, nous sommes en train de mener des fouilles d’une autre cité ancienne le long de la rue Suleïmen. Ces travaux ne s’arrêteront pas cette année. Des fonds ont été alloués. Les travaux reprendront dans la première moitié du mois de mai. Bref, le progrès de tels travaux à l’intérieur de la ville tient à ce que le gouvernement en attend d’importants bénéfices. Nous n’avons pas encore pu y porter attention. Mais à l’étranger, on sait comment tirer de l’argent de telles opportunités. Tandis, que les sites des anciennes cités que nous avons fouillés, les habitants du cru les ont bousillés. Exactement comme le passage d’envahisseurs mongols, ou tatars… Le même site que les archéologues avaient fouillé si minutieusement… Nos gens ne comprennent pas… »
  • Taken Moldakhynov, directeur de la réserve muséographique des monuments de l’ancien Taraz :
–« Ces dernières années, la question des fouilles du site de l’ancienne Taraz, et de la création d’un musée en plein air a suscité beaucoup de discutions et de bruit. Cependant, aucune somme d’argent n’a été allouée dans le programme « Patrimoine culturel » pour y financer des fouilles. Bien sûr, nous devons rénover notre patrimoine historique. Et le tourisme doit apporter une contribution au développement de l’économie nationale. Mais le plus grand problème avec ce site, c’est qu’au dessus de l’ancienne ville hormis le bazar, pendant 150 à 200 ans les habitants de trois rues y ont batient et se sont installés. Cet endroit est considéré comme étant leur propriété légale. Pour mener les fouilles de cette partie spéciale de notre histoire, on ne peut pas se contenter du travail archéologique habituel, il faut des moyens complexes pour y parvenir. C’est à dire, qu’il faut libérer intégralement la surface à fouiller, la délimiter correctement, y mettre un service de garde, pour chaque pelleté de terre extraite il faut construire un auvent. Parce qu’aux siècles d’où remontent les premières briques de Tara, les briques cuites n’existaient pas. Tout a été édifié à partir de briques non cuites. Avec la pluie, le vent, les trésors découverts disparaîtraient en l’espace d’un mois. Pour parler de manière plus imagée, il est possible de détruire complètement avec un seau d’eau l’équivalent de deux siècles d’histoire. Et l’archéologie est l’exemple même d’une science qui nécessite des finances abondantes. Enfin l’issu n’en est pas connu, il est possible que quelque chose soit découvert en cet endroit, il est aussi possible que rien ne soit decouvert. C’est pourquoi, il faut y regarder très attentivement.
Nous avons pioché un peu dans chaque coin, pour voir. En 1996, nous avons creusé à l’une des extrémités du bazar. Au final, le champ de fouilles a été tourné en un trou à ordures. Il a pris d’eau, et c’est devenu un champ de fouille sans utilité pour la science. Après cet échec, nous l’avons refermé avec de la terre. Aujourd’hui, dans un bazar où vont et viennent près d’un millier de personnes, délimiter un espace de près de 100 mètres, pour y effectuer des fouilles, est complètement déraisonnable. Personnellement, dans ces conditions, je suis totalement opposé à ce que l’on fasse des fouilles. Ce problème rend indispensable la création d’un groupe d’experts, et la mobilisation de fonds. Ce site est entièrement recouvert par des constructions. Des immeubles d’appartement, des édifices complexes y sont construits. Est-il nécessaire d’en déménager, d’en débarrasser l’ensemble ? Sans qu’il soit nécessaire d’en venir là, sous le site des câbles électrique et de communication courent dans tout les sens. Tout d’abords, il faut résoudre ces problèmes. L’année dernière, j’ai fait savoir mon désaccord au sujet du déménagement du bazar. Les 10 millions de tengués alloués n’auraient même pas suffis à retirer l’asphalte du bazar. »
  • Ertarghyn Astaev, assistant du maire de la ville de Taraz :
– « C’est une histoire qui se répète chaque année. Un nouveau site pour l’emplacement du bazar n’a pas même été préparé. Le bazar ne déménagera nulle part. Tout cela, c’est de la parlote…»
… Les autorités locales semblent plus embêtées par la question de savoir quel site accueillera le bazar, que par la question de savoir quand le déménagement pourra prendre fait et lieu. Le problème de la création d’un musée en plein air dépasse t’il cet enjeu, ou pas ? Cela, reste bien sûr un rêve. Et, jusqu’à présent les gens de Taraz en reste a leurs palabres : « Oïbaï, le bazar déménage ! »

Oralkhan Dayit, région de Jambyl
Site internet du journal « Jac alash », 2 avril 2009, « Бар тарихымыз базарлардың астында жатыр » (traduit du Kazakh)

4 avril 2009

Flambé d’activité des jeux de hasard illégaux dans les grandes villes du Kazakhstan

01.04.2009, Manchük Assautaï

Au Kazakhstan, depuis l’interdiction légale de toute activité de jeu hors des zones consacrées les casinos sont passés dans la clandestinité, et leurs activités sont fréquemment l’objet de découvertes dans les grandes villes. Néanmoins, il semble que l’emploi de la force par l’état ne suffira pas à éliminer complètement cette économie parallèle.
Après que la loi sur les activités de jeux de hasard ait été renforcée en 2007, les casinos des grandes villes, et les machines automatiques avaient cessé toute activité. Le texte de loi n’autorise l’organisation de jeux de hasard que dans deux zones spécifiques du pays: Khapcharaï et Burabaï.
Cependant en l’espace de quelques années l’industrie des jeux de hasard a tourné à une sorte d’économie parallèle. Le nombre de ceux qui en font profession ne diminue pas. Et depuis le début de cette année, le travail en collaboration du département des affaires internes et du ministère public de la ville d’Almaty a permis de mettre à jour l’activité clandestine de 12 casinos dans la ville, nous informe le représentant des affaires internes, le capitaine de police Saltanat Azirbek.
A l’en croire, si deux de ces casinos ont été découverts au cours des deux premiers mois de cette année, les autres n’ont pu être dépisté que dans les derniers jours. En général, vue de l’extérieur ces salles de jeux ressemblent simplement à des lieus de loisir où l’on passe le temps à de simples jeux, sans d’aucune manière y miser d’argent.
Les seuls individus au courant du fait, que s’y déroulent des activités illégales de jeux de hasard, sont les patrons des casinos clandestins, et les joueurs réguliers qui gravitent autour d’eux, nous expliquent les représentants de la loi. D’après ce qu’ils nous en disent, les patrons de l’économie parallèle savent tirer avantage des aspects laxistes de la loi, pour échapper à leur responsabilité pénale.
D’après l’article 190 du code pénal de la République du Kazakhstan, l’engagement de la responsabilité pénale du fait de l’exercice d’une activité illégale implique la confiscation sur les lieux d’investigation d’une somme d’argent au moins équivalente à 500 salaires numéraires. Si une telle somme n’est pas disponible, les propriétaires de salles de jeux ne voient leur responsabilité engagé que sur le plan administratif.
En vérité, pour les individus qui dégagent de cette économie parallèle des bénéfices atteignant des dizaines, des centaines de milliers, cela est insignifiant disent les professionnels. Cela étant, les professionnels du droit espèrent que les dernières modifications apportées à la loi sur les jeux de hasard puissent faire obstacle aux activités dissimulés des patrons des salles de jeu.
–« Jusqu’au premier janvier de cette année, la loi sur les activités de jeux de hasard comprenait de très nombreuses imperfection. Néanmoins, elles ont toutes été supprimées. A présent les propriétaires de ces salles de jeux ne verront leur responsabilité écartée que dans la limite des cas où leur activité n’aurait pour objectif ni l’offre de biens en numéraires, ni même sous tout autre forme»,- explique Saltanat Azirbek.
Ainsi, désormais dans les cas où de telles infractions à la loi seraient établies, les coupables encourraient selon le code pénal kazakh, article 190 premier alinéa : 2 ans de privation de liberté, alinéa 2 : 5 ans de privation de liberté.
Quelques Experts avancent l’opinion selon laquelle un compromis entre l’état et l’économie des jeux de hasard est indispensable pour la société. D’après l’opinion de Raxman Alchanov, docteur en sciences économiques, le plus important dans la loi est de permettre aux personnes esclaves des jeux de hasard d’échapper à la déchéance, et de protéger les droits des simples citoyens.
Au Kazakhstan, le bizness des jeux de hasard est seulement apparu au début des années 90. D’après des documents datant de 2007 le nombre de casinos au Kazakhstan était de 140 établissements, dont 37 installés dans la ville d’Almaty.

Azattyk radioci, "Тыйым салынған құмар ойындары үлкен қалаларда қызып тұр" (traduction du kazakh)

3 avril 2009

A propos de Dolkhyn Kerimbakiev, citoyen Kazakhstanais, détenu 7 ans à Guantanamo

Dolkhyn retrouve sa famille,
mais aucune nouvelle de sa mère partie a sa recherche


07.11.2008, Ermek Boltaï


Le dernier prisonnier Kazakhstanais du camp de Guantanamo, Dolkhyn Kerimbakiev a été renvoyé à Astana le 3 novembre 2008. Le journaliste d’Azattyk s’est rendu jusqu’à son village, pour prendre connaissance de sa situation.
Au début de l’an 2000, quatre citoyens du Kazakhstan étudiants d’une mèdressé pakistanaise étaient fait prisonniers sur le territoire afghan par les soldats américains. L’un de ces prisonniers était Dolkhyn Kerimbakiev.
La presse Kazakstanaise n’a pas peu parlé au sujet de Dolkhyn Kerimbekov, Aïtu Abykhanov, Ilxomjon Botaev et Suxbat Arupov tous les quatre retenus dans la prison américaine de Guantanamo située sur le territoire nationale de Cuba. Les toutes premières nouvelles à voir le jour à propos de ces trois individus disparus sans laissé de trace datent d’il y a deux ans. Jusqu’à lors personne ne savait où ils se trouvaient, et leurs familles et proches considéraient déjà les quatre susnommés au rang des morts.
Aïtu Abykhanov n’est pas parvenu à oublier les mauvais traitements de Guantanamo.
Le 6 novembre, nous publions sur le site de radio Azattyk la nouvelle du retour au pays de Dolkhyn Kerimbakiev, citoyen Kazakhstanais, après 7ans passé en détention dans la prison de Guantanamo. Il ne fut pas facile au journaliste d’Azattyk de retrouver la famille de Kerimbakiev, originaire du village de Kyzyl Charyk à 120 kilomètres de distance d’Almaty.
Bien que Kyzyl Charyk aie tout d’un somme toute petit village, frapper à la porte des quelques 300 maisons pour retrouver la trace des citoyens Kazakhstanais détenus dans la prison américaine, ne s’annonçait pas une tâche facile. Pour cette raison, nous décidâmes de poser la question à toute personne rencontrée dans la rue : « Excusez-nous, où habitent les familles des anciens détenus de Guantanamo, Aïtu Abykhanov, Suxbat Arupov et Dolkhyn Kerimbekov ? »
Darkhan âgé de 6 ans, passant sur son âne et très occupé à mener un veau, qui nous indiqua la route. Il ajouta : « Aïtu agha, celui qui a été en prison avec Jean-Claude Van Damme, c’est bien ça ? C’est notre voisin, si vous me suivez, je vais vous amener comme cela vous ne pourrez pas vous perdre». Comme Darkhan nous l’avait dit, il nous amena jusque devant la maison d’Aïtu Abykhanov. Puis menant son veau de l’autre côté du portail, il nous prévînt : « Agha, faîtes attention, Aïtu il a pété un câble dans sa tête. Quand il devient fou, il est capable de cogner sur le premier venu ».
Lorsque nous entrèrent chez Aïtu, celui-ci était en plein préparatif de la lecture de Namaz. Nous lui demandâmes : « Aïtu, il paraît que Dolkhyn est arrivé il y a un jour, peux-tu nous indiquer sa maison ? ». Mais Aïtu, lui aussi prisonnier des américains, se lança dans une toute autre histoire. Il nous expliqua, que ces derniers jours sa grand-mère était tout juste revenue d’un voyage en Chine, et qu’il avait un peu mal à la tête. La conversation, que nous pûmes avoir avec Aïtu Abykhanov ne dura pas longtemps. Après un temps relativement court, « je reviens à l’instant » dit-il en rentrant dans sa maison pour finalement ne plus en ressortir.
Le frère ainé d’Aïtu nommé Oral nous ayant remarqué à l’entré s’approcha de nous, pour nous demander d’où nous venions. Alors que nous discutions avec lui de la situation actuelle d’Aïtu, une petite fille de 7, 8 ans sortît de la maison en courant et nous apprît qu’elle s’était enfuie en sautant par la fenêtre de la chambre de son oncle. Oral Abykhanov nous raconta que son petit frère Aïtu avait radicalement changé après la prison de Guantanamo et qu’il souffrait de maux de tête.
—« Mon frangin a contracté une maladie des nerf. Ça fait plus d’un an qu’il est revenu des USA, pourtant il n’est toujours pas revenu à lui. Alors ne vous vexez pas, mais pour aujourd’hui il ne pourra sûrement avoir de conversation avec personne »,- ajouta Oral.
Oral n’avait pas entendu dire, que Dolkhyn était de retour au Kazakhstan. Pourtant, il nous indiqua où se trouvait la maison de sa proche famille.
A la suite de l’opération de lutte contre le terrorisme lancée par les Etats-Unis sur le territoire Afghan, plus de 500 personnes sont restées détenues dans le centre de Guantanamo, parmi eux quatre citoyens du Kazakhstan.
Alors que nous frappions à la porte de Dolkhyn, sa sœur aînée nommée Elmira sortit à notre rencontre. Apprenant que nous étions des journalistes arrivés à grand peine d’Almaty, elle nous expliqua que Dolkhyn n’aurait pas la force de discuter avec des inconnus. Elle ajouta qu’en plus sa grand-mère était restée alitée bien malade.
— « Grand-mère attend Dolkhyn depuis 8 ans. C’est une personne âgée, elle a reçu un énorme choque en apprenant cette heureuse nouvelle. Hier dans la soirée sa pression artérielle a augmenté, elle a dû s’aliter, depuis bien qu’on ait appelé les ambulanciers à une ou deux reprises, elle n’a pas daigné se lever de sa place. Elle a les jambes glacées, et nous avons peur que sans prévenir elle ne rende son dernier souffle. Dolkhyn supporte très mal l’idée que sa grand-mère soit tombée souffrante et cela joue sur ses nerfs. Peut être, devriez vous revenir un autre jour »,- nous dit-elle.
Nous tentâmes de faire comprendre à Elmira que nous ne pouvions pas rentrée les mains vides à Almaty. Alors Elmira dit qu’elle essaierait de convaincre Dolkhyn de s’entretenir avec nous et rentra à l’intérieur. Nous sommes alors restés pas loin d’une heure à attendre des nouvelles de Dolkhyn. Mais n’ayant été libéré que depuis très récemment celui-ci refusa de nous donner un entretien.

  • Dolkhyn Kepimbakiev est terrifié par la lumière électrique
Nous nous adressâmes alors à la tante Nurxan, qui passait sans arrêt de la maison à la cour, pour lui demander s’il ne serait pas néanmoins possible de rencontrer Dolkhyn en personne, elle accepta après un court moment de réflexion.
Nurxan nous demanda néanmoins avant que nous ayons rencontré Dolkhyn, de ne pas le prendre en photo.
—« Bien que je reconnaisse le visage et l’allure de Dolkhyn, je n’ai pas du tout reconnu son monde intérieur, sa personnalité. En l’espace de huit ans, toute personne peut changer jusqu’à un certain point, bien sûr. Mais, mon Dolkhyn est revenu au pays totalement autre. Hier soir, nous avons bien essayé de discuter avec lui, il nous a prié de ne pas poser de questions à propos de la prison américaine de Guantanamo.
— « N’avez-vous pas aussi rencontré Aïtu Abykanov ? Il a lui aussi complètement changé »,- continua Nurxan. « Dans leur enfance ils étaient tous les deux des amis inséparable. A en croire ce que raconte les gens du village, Aïtu est devenu lunatique. Notre Dolkhyn aussi est devenu vraiment spécial. A présent, tout est comme si ils ne souhaitaient plus se revoir. De plus, Dolkhyn a peur de la lumière électrique. Quand le soleil se couche, il éteint toutes les lumières à l’intérieur et reste assis dans l’obscurité. Il raconte que pendant 7 ans les soldats américains n’éteignaient jamais la lumière dans la pièce où nous nous trouvions. La lumière électrique a provoqué chez lui des affections nerveuses. Voilà, quand vous le rencontrerez ne le prenez pas en photo. Il se mettrait à hurler et gênerait tout le monde. Il semble qu’on l’a vraiment fait beaucoup souffrir dans cette prison américaine »,- raconte Nurxan Sabirova.
Quand nous avons enfin pu voir Dolkhyn, il était assis sur une petite chaise dans le fond de la pièce et se parlait à lui-même. Comme il parlait à voix étouffé, nous ne pûmes comprendre ce qu’il disait. Dolkhyn ne se retourna même pas dans notre direction. Nous avons essayé d’entamer la conversation avec lui, mais il ne nous prêta pas attention. Il continuait à murmurer des paroles incompréhensibles sauf de lui-même dans une attitude de prostration. Comprenant que nous ne pourrions rien en tirer, nous sortîmes en le laissant seul dans la pièce.
Malgré que nous ne puissions obtenir un entretien avec Dolkyn Kerimbakiev, nous avons recueilli quelques informations de la part de ses proches. D’après Elmira Kerimbakieva, personne n’est à blâmer pour l’état dans lequel se retrouve son petit frère.
—« C’est le destin. Bien que Dolkhyn soit resté en prison pendant 7 ans, personne n’a rien pu prouver quant à ce dont on l’accusait. Même sans cela, depuis le début je n’ai jamais cru que mon petit frère puisse avoir une quelconque relation avec les attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York. Il est parti au Pakistan pour étudier dans une médressé. Pendant qu’il était sur place, il a rejoint l’Afghanistan pour y passer un stage. Ce qui lui est arrivée par la suite est bien connu. Et puis vous venez juste de le voir de vos propres yeux. Avant de quitter le Kazakhstan c’était un jeune homme vraiment très ouvert, brillant. Et maintenant, son existence a entièrement changée. Il a peur de la lumière électrique, hier nous lui avons fait prendre un bain, son cœur s’est affolé, il pouvait à peine garder ses esprits, il a pris froid aux poumons et ses reins sont aussi endommagés. Bien sûr, il est possible de prendre soin de lui avec de bonnes médecines, et de l’aider à rétablir sa santé, mais, le Dolkhyn d’avant, celui que nous connaissions qui va nous le rendre ? »

  • Le fils est de retour, mais la famille est sans nouvelles de sa mère partie à sa recherche.
Après que Dolkhyn aie disparu en Afghanistan sans laisser de trace ainsi que tous ses compagnons, sa mère Saniya a pris la route à sa recherche. D’après les membres de la famille de Dolkhyn, Saniya est partie avec son gamin de 5ans dans les bras pour le Pakistan. A cette époque personne ne pouvait soupçonner que Dolkhyn Kerimbekov, Aïtu Abykhanov, Ilxomjon Botaev et Suxbat Arupov avaient été fait prisonnier aux mains des soldats américains. Même si Dolkhyn est le dernier de ses prisonniers à avoir été libéré, on demeure encore sans aucune nouvelle de sa mère, partie il y a quelques années pour le Pakistan à la recherche de son fils.
Puisque nous n’avons pas eu l’occasion de discuter avec les citoyens Kazakstanais de Guantanamo, nous avons estimé juste de conclure cet article avec un extrait d’une interview qu’Aïtu Abykanov a donné le 31 avril 2007 au journal « Vremia ».
—« Après avoir achevé le premier cours à la médressé, j’ai été envoyé en Afghanistan pour y suivre un stage. J’ai été affecté comme aide d’un Imam dans la ville de Kabul. Je n’ai travaillé en tout et pour tout que 3 jours à cet endroit. Parce que, le 7 octobre 2001 les soldats américains et anglais lançait une attaque aérienne sur l’Afghanistan. Les bombardements les plus importants portaient sur la ville de Kabul. Alors que nous y avions survécu, et que nous avions pris la direction de la frontière pakistanaise avec un groupe d’habitants de la ville, les tribus Pachtouns locales nous ont arrêtés, puis après 5 mois vendus aux soldats américains moyennant la somme de 5 milles dollars".

Долқын отбасына оралды, ал оны іздеп шыққан анасы хабар-ошарсыз кетті (traduction du kazakh)

2 avril 2009

Le travail des enfants une atteinte portée aux jeunes générations


Dans la ville de Jalal-Abad nombreux sont les enfants, qui gagnent par leur travail des revenus supplémentaires pour eux-mêmes ainsi que pour leurs familles, le nombre de ces enfants n’est ni connu avec exactitude, ni l’objet d’estimation satisfaisante. Leurs parents ou proche famille ignorent qu’en même temps que le travail de ces enfants leur permet de résoudre leurs difficultés matérielles, il cause à ses enfants une violation de leurs droits fondamentaux ainsi que de graves problèmes de santé.


UNE ENFANCE PRIVEES DE JEUX
Marat qui a 11 ans ne va plus à l’école depuis un an et demie, il travaille comme balayeur chez un coiffeur pour homme, au centre de Jalal-Abad. Le salaire que touche Marat pour un travail quotidien de 9 à 10 heures, se résume aux 50 soms par jour que lui payent la dizaine de patrons coiffeurs chez lesquels il est employé. L’essentiel de son travail consiste à balayer et nettoyer les cheveux tombés au sol, ainsi qu’à faire chauffer l’eau pour laver les cheveux des clients. De la même manière, il effectue également toute sorte de menues travaux que lui confient les patrons coiffeurs (aller chercher des cigarettes etc.) Les raisons pour lesquelles, Marat doit travailler pour gagner cet argent, tiennent à ce qu’il est issu d’une famille nombreuse, et à ce que ses père et mère ne travaillent nulle part.
« A l’époque où je restais à la maison à ne rien faire, nous souffrions vraiment du manque de vêtement et de la faim. Maintenant je ramène de la nourriture à la maison, et mon père m’achète des vêtements comme ceux de mes amis. La seule chose qui ne me plaît pas, c’est que je suis trop fatigué, et d’avoir parfois aussi mal au dos. Je regrette aussi de ne pas pouvoir aller à l’école, et jouer au football avec les autres », - nous dit Marat lors de la discussion.
D’après le responsable des services municipaux de l’éducation, Tchyrmach Dooronov, il n’y aurait dans la ville de Jalal-Abad qu’environ six enfants en âge d’aller à l’école qui travaillent. « Au début de l’année scolaire, il y avait 21 enfants dans cette situation. Grâce aux efforts des professeurs, 15 d’entre eux sont retournés à l’école. A présent, il y a six enfants en âge d’aller à l’école qui gagnent des sous en travaillant au bazar et dans d’autres endroits »,- explique T.Dooronov.
Cependant, d’après du directeur régional du « fond pour l’enfance » K.Sarynbaïeva, le nombre d’enfants travailleurs n’est pas de 6, mais serait plusieurs fois supérieur à ce nombre. En effet, on peut y ajouter un certain nombre d’enfants qui travaillent en dehors des heures d’école. « Il est possible que les responsables des services de l’éducation, pour ne pas être mis en cause, minimisent volontairement le nombre d’enfants qui travaillent. Et maintenant combien d’enfants passent à travers les contrôles des services d’éducation, et continuent à travailler sans même savoir ce qu’est l’école ? »,- nous explique K.Sarynbaïeva.

« LE SAVOIR NE VAUT PLUS RIEN »
La majorité des enfants qui travaillent à Jalal-Abad ont entre 9 et 16 ans, et s’emploient pour l’essentiel comme vendeurs, balayeurs et porteurs sur les bazars. Leurs salaires mensuels couvrent des sommes allant de 700 soms à 1300 soms. Il est notoire que la majeur partie des enfants qui travaillent, le font en raison de difficultés d’ordre social, et sous la pression de leurs parents.
Les parents de ces enfants s’opposent à ce qu’ils aillent à l’école. Actuellement, la manière de voire très répandue selon laquelle avoir de l’argent et bien savoir travailler peut permettre non seulement d’acheter un diplôme mais également d’obtenir un emploie, semble inciter les parents à faire travailler leurs enfants.
Dans le cas de Salima Bozbalaeva, habitante de Jalal-Abad, ce n’est pas un mais ses deux enfants qui vont gagner de l’argent en vendant de la nourriture sur le bazar. Ces enfants vont de temps en temps à l’école, et n’ayant jamais redoublé étudient pour l’un en neuvième, pour l’autre en huitième classe.
« A notre époque, le savoir ne vaut plus rien. Il suffit d’obtenir de justesse une attestation de l’école, pour avec de l’argent pouvoir terminer l’enseignement supérieur. Il n’y a rien de bon à gagné dans le fait de passer onze ans de sa vie à se trimbaler des livres et cahiers. Aujourd’hui, si tu as l’argent, tu trouves facilement un bon travail. C’est pour ça, que j’apprends mes enfants depuis tout petit à savoir trouver l’argent »,- explique Salima.
Cependant ce n’est pas l’opinion de tous les parents dont les enfants travaillent. P.K. habitant de la rue Nagornaya, qui n’a pas souhaité donner son nom, raconte que faute de pouvoir faire autrement, il a dû envoyer son fils travailler comme porteur sur le bazar.
« A cause d’une santé trop fragile, il est devenu trop difficile de mener une existence convenable avec l’argent que gagne ma femme. Alors quelle autre issue, sinon prendre l’argent que mon fils peut gagner sur le bazar ? Pour sûr, j’aimerais autant le voir aller à l’école avec ses amis. Mais la vie nous laisse t’elle le choix ? »

LES ENFANTS AUSSI ONT DES DROITS
Les enfants au travail sont aussi très vite confrontés au problème du paiement de leur salaire par leurs chefs. Autrement dit, les défauts de paiement en temps voulu, ou les cas où l’employeur paye moins que la somme convenue.
D’après ce qu’en dit K.C., qui embauchent des jeunes enfants pour transporter les marchandises sur le bazar des matériaux de construction, l’essentiel pour les enfants ne devrait pas être l’argent. « Il vaut mieux qu’ils se réjouissent de ce qu’ils ont pu apprendre, que de quelques sous gagnés »,- explique K.C.
Nurbek Kacymbekov, juriste au centre d’aide sociale, explique que conformément au code du travail de la République du Kyrghyzstan, l’employeur est tenu d’établir un contrat de travail dés l’entrée en fonction d’une personne de plus de 14 ans. Malheureusement, à Jalal-Abad les enfants qui travaillent n’ont en aucune façon accès à des informations concernant les contrats de travail.
« Avant de mettre au travail des enfants non encore en âge, l’employeur doit aussi impérativement obtenir une lettre établissant l’accord de ses parents. Dans le cas d’un orphelin, il faut une autorisation écrite de travail délivrée par les services locaux de protection. Si l’on s’en tient à cela, personne n’a le droit d’employer un enfant non pubère dans un travail néfaste à la santé »,- explique Nurbek Kacymbekov.
Si nous nous en tenons à la parole de ce juriste, aucun de ceux qui à Jalal-Abad emploient des enfants ne suivent ces prescriptions, au contraire la majorité des employeurs se contentent au contraire d’un accord non-écrit. Or, en vérité il n’y a pas en ville le moindre organisme étatique ou même non-gouvernemental, pour offrir aux parents les clefs d’une compréhension des problèmes liés au travail des enfants.
« Ce n’est pas seulement s’agissant de Jalal-Abad, mais pour l’ensemble de la république que nous manquons de mesures effectives au traitement de ce problème. De plus, l’absence de réglementation concernant le travail volontaire des enfants, participe en soit à la création de toute sorte de problèmes afférant à cette question »,- ajoute Nurbek Kacymbekov.
Enfin, on considère dans le cas des enfants travaillant sur les bazars, contrairement à ceux qui employés par un entrepreneur, que ceux-ci travaillent de leur propre grés. On peut dire qu’il s’agit d’enfants « travailleurs indépendants ». Ces enfants ne sont en contrat travail avec personne, cependant il est de la responsabilité de leurs parents, et de leurs proches de veiller à leur santé.

LA SANTE EST MISE AU SECOND PLAN…
La majorité des parents semblent ignorer, que si travailler dés l’enfance permet d’apprendre très tôt à gagner son argent, cela peut s’avérer également très mauvais pour la santé de ces enfants. Il est médicalement connu que l’organisme d’un enfant continue de se développer, jusqu’arriver entre l’âge de 12 à 18 ans. Si l’enfant travaille beaucoup durant cette période, peuvent apparaître des problèmes de croissance ou de retard de développement des organes ainsi que les premiers symptômes de nombreuses maladies.
Abiba Narymbetova, docteur à la clinique du village de Kirov à Nooken, explique que les personnes qui ont commencé à travailler dés l’enfance développent fréquemment à l’âge adulte (entre 27 et 35 ans) nombreuses maladies tant au niveau des reins, du dos, des jambes, que de la tête. Cela, il est particulièrement important que les parents le gardent bien à l’esprit.
Egen baïke, âgé de 43 ans et qui travaille comme porteur sur le bazar de Jalal-Abad, témoigne également des dégâts que peuvent occasionner à la santé le travail des enfants.
« Depuis mes 8 ans, j’ai effectué toute sorte de travaux pour gagner quelques sous. En résultat d’avoir travaillé dans le froid, ma santé s’est dégradée, et après avoir dépassé 34 ans j’ai commencé à souffrir des reins. Depuis deux ans maintenant, je suis en prise à des maux de tête. Je me suis fait examiner à l’hôpital, ils disent que cela n’est que la conséquence d’avoir travaillé depuis l’enfance »,- raconte Egen baïke.
Le travailler de manière trop précoce peut causer non seulement des problèmes rénaux ainsi que des maux de tête, mais aussi des maladies affectant le système nerveux.
« Tous les enfants aiment l’argent. Lorsqu’il ne leur reste plus un sous en poche, ils cherchent alors à travailler encore plus. Ce désir de toujours gagner plus est de nature à faire obstacle à la récupération du système nerveux. En conséquence, lorsque ces personnes grandissent, elles deviennent sujettes à des accès de colère imprévisibles. Par ailleurs le fait, quand on est petit de faire la vaisselle, de travailler dans un endroit froid peut faire craindre l’impossibilité d’avoir des enfants pour les personnes concernées»,- explique A.Narymbetova.
C’est ainsi que commencer de travailler trop précocement est de nature à imprimer une trace durable à la psychologie de l’enfant. D’après Gülnara Jassolova, psychologue au centre médico-social « Altynaï », l’intérêt pour les études s’éteint vite chez les enfants, qui ont intériorisé un tel rapport à l’argent.
« En effet, l’enfant qui sait ce que peut lui offrir l’argent, ne peut plus s’empêcher de courir après. Les enfants pris très tôt au goût de l’argent, se désintéressent pour une vie sans gain immédiat, et en perdent toute inhibition envers la criminalité. Par là, l’idée que « chacun devrait travailler depuis l’enfance » s’imprime dans la psychologie de ces enfants, et plus tard il est possible qu’ils forcent également leurs propres enfants à travailler très jeune »,- explique G.Jassolova.
Si l’on s’appuie également sur un communiqué des autorités en charge du service militaire, le travail trop précoce des enfants est à l’origine de toute sorte de problèmes quand vient le moment pour eux de faire leur service. Abdurassul Düechebaev, chef du comité militaire de la ville de Jalal-Abad, considère que le cas de jeunes en âge de faire leur service, présentant un poids insuffisant en rapport à leur taille, est résultent souvent d’un travail effectué en d’un âge trop précoce.
« Actuellement, sur 10 enfants 9 ne conviennent pas pour partir faire leur service à l’armée. Si on continue à ce rythme là, à qui pourra-t-on confier l’avenir du Kyrghyzstan ? Ainsi, les parents, qui mettent leurs enfants au travail, feraient bien mieux de réfléchir à leur santé, et de se soucier un peu de leur avenir. »,- dit A.Duïchebaev.

Comme l’indique le juriste Nurbek Kacymbekov, si aucune mesure n’est prise par les autorités pour prévenir le recours au travail des enfants, les problèmes liés à cette question ne feront qu’aggraver, et le danger que l’on fait peser sur la santé des enfants risque de compromettre grandement l’avenir des jeunes générations.


Vendredi, 27 Mars 2009, Sanjar Eraliev, Jalal-Abad, pour le journal "Kyrghyzstan Zaman" "Баланы иштетүү - тукум улоого зыян" (traduction du kyrghyz)