Affichage des articles dont le libellé est Kyrghyzstan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kyrghyzstan. Afficher tous les articles

19 septembre 2009

Osh : les étudiants recherchent-ils les connaissances ou bien l’argent?


15.09.2009
Janarbek Akaev

La majorité des étudiants inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur de la ville de Osh, de front avec leurs études s’efforce de gagner l’argent nécessaire au maintien de leurs conditions de vie.
Au cours de ces dernières années, les étudiants plutôt que de se concentrer sur l’essentiel, acquérir des connaissances solides ou bien étudier à un bon prix, préfèrent de loin se faire employer à toutes sortes de postes pendant la période scolaire elle-même. Nazgül, étudiante en 3e année dans l’un des établissements supérieurs de Osh, travaille depuis déjà deux ans comme serveuse dans un café de la ville. Elle ne reçoit de ses parents que le minimum nécessaire à son alimentation, et pourvoient elle-même à ses dépenses quotidiennes.
- « Les cours durent jusqu’à midi, et l’après midi je travaille jusqu’à 19 heures le soir. Après la fatigue du travail, les cours je les prépare un peu le soir. Il y a beaucoup de revers à travailler pendant ses études, c’est dur pour nous, au café les clients viennent nombreux la nuit, on est obligé de laissé tomber un cours pour se rendre au travail. La moitié des étudiants dans notre groupe travaille. Ceux qui travaillent de nuit ont bien du mal à venir aux cours dans la matinée. »
Cependant Nazgül, en raison de son travail, ne peut pas non plus aller sur internet ou en bibliothèque. Enfin au moment des sessions d’examens d’hiver et d’été, faute de temps de préparation elle obtient des professeurs qu’ils lui mettent une note contre une partie de son salaire :
- « Quand je lui dis que je ne suis pas prête à cause du travail, la prof me dit alors de lui donner de l’argent. Grâce à l’argent j’arrive à passer les examens, mais je regrette de ne pouvoir allez en cours et d’avoir des insuffisances dans l’apprentissage des langues. »
A Osh des étudiants qui comme Nazgül plutôt que d’étudier se retrouvent forcés de travailler se comptent par centaine. Les médecins expliquent que le fait pour de jeunes étudiants de se lancer dans la vie active en même temps que de suivre des études, est cause d’effets indésirables pour leur santé et leur réussite scolaire. Akchach Joldocheva nous expliquent quels peuvent être ces effets :
- « Bien sûr, il y a des aspects négatifs. Parce que la condition psychologique et physiologique de la personne porte une influence directe sur sa santé. Par exemple, les étudiants qui sont de tempérament plutôt colérique s’efforcent toujours de réussir. Alors que ceux qui sont de type flegmatique ou mélancolique se découragent vite, et n’atteignent pas les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Ils ont des difficultés et finissent par échouer à leurs cours. »
Samat, qui en plus de ses études travaille dans une agence de publicité, fait parti de ces étudiants qui considèrent le travail plus important que les études :
- « Il reste difficile de trouver une place avec ce qu’on nous enseigne. Au regard de nos conditions de vie il est préférable de travailler, je pense. Avec le travail on n’a pas notre compte avec les études, avec le sommeil, mais les finances c’est obligé. »
D’après Samat, la majorité de ses amis considèrent leur travail comme prioritaire sur leurs études. Par exemple, dans leur groupe la moitié d’une classe de vingt étudiants travaillent en ville, et dans chaque classe on peut trouver de deux à trois étudiants, qui travaillent en Russie. Cependant, les analystes sont d’avis que ces derniers temps, la croyance chez la majorité des étudiants qu’il est possible d’obtenir un diplôme que l’on vienne ou pas en cours s’est fortement généralisée.

Radio Azattyk «Ош: Студентке билим керекпи же акчабы?» (traduction du Kirghiz)

18 septembre 2009

Osh, corruption dans les jardins d’enfant


Sans pot de vin, les portes des jardins d’enfant restent fermées pour les plus petits

16.09.2009

Janarbek Akaev

Dans la ville d’Osh deux employés d’un jardin d’enfant sont en état d’arrestation et une instruction pour délit est ouverte à leur encontre pour avoir exigé de la part des parents de l’argent au moment de l’accueil des enfants dans l’établissement.
Le service de presse de la police financière de la région a tout d’abords révélé les faits. Les organismes non gouvernementaux de protection de l’enfance de la ville d’Osh ont dernièrement également fait savoir que placer leurs enfants en jardin d’enfant était devenu une véritable source d’inquiétude pour les parents. Les parents de leur côté ne cachent pas que pour obtenir le placement de leurs enfants dans l’institution incriminée, ils avaient du payer ce service aux employés en espèce ou sous forme de dons de valeurs.
Dans la ville d’Osh où vivrait aujourd’hui environ un demi-million de personnes, il n’y a en tout et pour tout que 28 jardins d’enfant. C’est probablement pour cette raison que les parents se plaignent de ce que placer son enfant en jardin d’enfant soit devenu une énorme source de problèmes. « Si seulement vous refusez de vous adresser directement au personnel et de payer en espèce ou bien d’acheter tel ou tel appareil, les portes du jardin d’enfant se ferment alors pour votre enfant », expliquent les parents.
Sapargul Jalieva a été elle-même forcée de payer un pot de vin pour faire entrer ses enfants au jardin d’enfant. D’après elle, chaque établissement a ses propres prix pour accepter les enfants. Combien faut-il payer, ou bien quel appareil est-il nécessaire de donner les employés des jardins d’enfant le disent ouvertement aux parents, raconte Sapargul :
- « Si vous allez sur place, vous pouvez être certain qu’on vous répondra qu’il n’y a pas de places disponibles. Mais il reste toujours possible de faire garder votre enfant contre de l’argent. Même s’il y a effectivement de la place disponible le fait de demander des faveurs aux parents est devenu une habitude. J’ai placé mes deux enfants en jardin d’enfant, pour le premier j’ai offert un grand bocal de marinades, pour le second il m’a fallu payer 2000 soms. Chaque endroit a ses propres prix. Les responsables vous le disent sans détour ou bien vous payer, ou bien il faut leur offrir quelque chose de valeur. »
Quant aux employés des jardins d’enfant, ils expliquent que 28 institutions pour la seule ville de Osh est décidemment vraiment peu. Pour cette raison, ils se retrouvent forcés d’accepter beaucoup plus d’enfants que le nombre initialement défini. Cependant, ces employés se dédouanent au moyen de divers prétextes de l’accusation de corruption, qu’ils jugent infondée :
- « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que de telles pratiques ont lieu. Si cela a pu être vrai pour financer des réparations, ce n’est désormais plus le cas. Les jardins d’enfant sont également sous pression. Par exemple, alors qu’il faudrait avoir 20 enfants dans chaque groupe, nous en avons de trente à cinquante et même jusqu’à soixante.
Le fond caritatif « Blagodat » de protection des droits de l’enfance de la ville de Osh, s’est longtemps agité pour dénoncer la situation selon laquelle ces dernières années la pratique de toucher des pots de vin lors de l’accueil en école ou jardin d’enfant prospère également dans les cliniques pour les naissances.
Le juriste de ce fond, Ravchan Najibaev raconte l’inaction des organes chargés de la lutte contre les faits de non-respect des droits ou de corruption devenus pratique courante dans la région.
- « Les forces de l’ordre devraient lancer une enquête couvrant des cliniques jusqu’aux jardins d’enfant et aux écoles. La majorité des parents viennent se plaindre à nous de la corruption. Je ne peux pas dire qu’il n’y est pas d’école qui se mêlent de corruption. Mais ce qui se cache derrière tout cela est très alarmant, la corruption prospère, est-il normal que les parents aient à se décarcasser pour trouver deux ou trois milles soms pour le jardin d’enfant ? Dans de telles conditions les enfants pourraient aussi bien cesser d’aller à l’école.»
D’après ce que nous en apprend Najibaev, la corruption qui devient au Kirghizstan à un spectacle quotidien, a rapidement pris racine dans les écoles secondaires et les jardins d’enfant. D’après les experts, il n’est aujourd’hui pas possible au Kirghizstan d’avoir accès à une éducation sans corruption depuis la naissance, en passant par les jardins d’enfant, les écoles secondaires et les établissements d’enseignement supérieur jusqu’à l’âge adulte. Cependant les autorités Kirghiz expliquent être entrées dans une lutte ininterrompue et effective contre la corruption.

Radio Azattyk «Ош: Бала-бакчадагы коррупция…» (traduction du Kirghiz)

Les prix de la nouvelle rentrée des classes au Kirghizstan


29.08.2009

Yrysbaï Abdyraïmov, Zamira Kojobaeva

Aujourd’hui dans le cadre de notre rubrique «le bazar et les hommes» nous aborderons le sujet des prix des uniformes pour les élèves, ainsi que ceux du matériel scolaire.
Voilà, ainsi que les vacances d’été se terminent, et une nouvelle année scolaire commence. C’est pour les parents le début d’une période où il leur faudra acheter pour leurs enfants de nouveaux vêtements et tout le matériel scolaire incluant jusqu’aux manuels scolaires, car ceux-ci dans quelques jours franchiront à nouveau le seuil de leur école.
La majorité des parents, très pris par les préparatifs de cette rentré, occupés à faire le tour des bazars et autres boutiques, nous ont confié que cette année les prix ovaient considérablement augmenté. Et maintenant, de leur côté les commerçants tirent prétexte pour cela de la hausse continue des cours du dollar américain. D’après Maral, que nous avons rencontrée sur le bazar « Dordoï » à Bishkek, où elle vend au détail jupes noires et kaftans blancs que portent les petites filles à l’école, les uniformes ont beau être cousu sur place au Kirghizstan dans des ateliers de couture locaux, les tissus bruts que l’on utilise sont importés de l’étranger. C’est la raison pour laquelle, de toute les façons la hausse du cour du dollar ne peut rester sans influence sur les prix.
Pour tout dire le cours du dollar, l’année dernière, était inférieur de 10 soms à ce qu’il est actuellement. En effet, au 23 août de l’année passée la banque nationale affichait dans ses indicateurs un taux de change de 1 dollar pour 34,75 soms, quand les taux actuels sont de 1 dollar pour 44 soms.
Pour ne pas trop nous éloigner du thème de discussion et en revenir aux préparatifs de la rentrée, aujourd’hui les prix au bazar d’une chemise blanche que portent les élèves, filles comme garçons, commencent à partir de 250 soms. Jupes et pantalons se vendent également au même prix. Evidemment, les prix fluctuent aussi beaucoup en fonction de la qualité des produits. Les chaussures et vêtements de sport que portent les élèves aux cours d’éducation physique se trouvent à des prix dépassant 500 soms. Pour aller à l’école, il faut également se procurer hormis uniformes et vêtements de sport tout le matériel scolaire de l’élève. A ce propos, un simple cahier de 12 pages peut s’acheter à partir de 3 soms. Les prix des cahiers varient encore en fonction de la qualité du papier, de la région d’importation qu’il s’agisse de la Russie ou bien d’autres pays étrangers. Les stylos s’achètent à partir de 3 soms, les boîtes de 6 crayons à dessin à partir de 12 soms, et les albums à partir de 15 soms. Si l’on devait ajouter aux cahiers et livres le prix des papiers de couleur, des boîtes de peinture, et autres objets nous n’en finirions plus. A notre époque, le nombre de livres de cours disponibles est bien souvent insuffisant dans les écoles, et il faut aux parents se les procurer sur le bazar. Le prix des livres d’école d’occasion sur le bazar est supérieur à 250 soms, et dépasse 500 soms pour de nouveaux livres.

  • LES PRIX A JALAL-ABAD
Dans l’oblast de Jalal-Abad le coût total des préparatifs de la rentrée afin d’habiller un écolier de la tête aux pieds, et de lui acheter livres et cahiers tiennent dans une fourchette entre 2500 et 5000 soms. Les parents qui ont répondus à nos questions, expliquent que cette somme ne comprend néanmoins pas les coûts concernant l’achat des vêtements de sport, sous-vêtements, chapeaux et livres.
Les parents de la petite Aziza ont acheté à Bishkek hormis son uniforme l’ensemble des vêtements dont son petit frère a besoin pour entrer en 3e classe à Aksy.
- « Parce qu’en comparaison avec ce qui se fait dans notre région, il y a sur les bazars de la capitale une plus grande capacité de choix quant à la qualité des vêtements. De même les prix à Bishkek sont également inférieurs à ceux pratiqués sur le bazar de Jalal-Abad. Il n’est pas évident pour les habitants des villages d’avoir à dépenser une trop grande somme d’argent pour les vêtements de leurs enfants. »
D’après les dires de Chyrmash Dooronov, à la tête des services d’éducation de la ville de Jalal-Abad, il n’y a pas de problème dans les écoles de la ville quant au remplissage des effectifs enseignants. Aussi s’agissant des écoles où l’enseignement est dispensé en langue kirghize, les livres sont dans plus de 90% des cas fournis par l’établissement.
- « En fait les problèmes tiennent principalement au manque de manuels scolaires dans les écoles russes et ouzbèkes. Bien qu’il y ait eu plusieurs millions de soms investis pour le tirage des nouveaux manuels adaptés aux programmes scolaires, en pratique on s’aperçoit que les besoins réels sont de 3 à 4 fois supérieurs à cela. Les manuels sont en principe donnés gratuitement aux élèves, mais les manuels manquant ce sont les parents qui les achètent sur le bazar. On ne peut pas imposer à tous les élèves le port de l’uniforme. La tenue vestimentaire dépend de ce que veulent porter garçons et filles, - explique Chyrmash Dooronov. »
Elmira Mavlyanova habitante de la ville a un fils qui va à l’école. Elle lui a acheté les vêtements nécessaires. Les manuels sont fournis par l’école, les enfants doivent pour cela payer une redevance de 40 soms.

  • L’UNIFORME SCOLAIRE UNIQUE RENDU OBLIGATOIRE ?
Depuis l’année dernière le ministère de l’éducation poursuit ses efforts en faveur du port d’un uniforme scolaire unique pour toutes les écoles générales. C’est ainsi conformément aux indications du ministère, que l’année dernière l’uniforme unique a été rendu obligatoire pour les classes de première année. Cette année, certaines écoles sont parvenus a implanté le port de l’uniforme unique pour les étudiants de 5e, 6e, 7e, 8e et 9e classes. Cependant ces écoles restent en petit nombre. En général, bien que le port de l’uniforme unique soit un choix visant à atténuer les différences d’ordre social entre étudiants, et à influencer de manière positive sur le moral des élèves et les conditions d’enseignement, certains parents s’opposent à cette mesure.
Gulnara Karybekova, qui a une fille à l’école à Bishkek, est d’avis que les tissus dans lesquels sont cousus les uniformes scolaires ne sont pas adaptés à la morphologie des élèves, pour cette raison elle refuse que sa fille en porte un :
- « Je ne dirai pas le nom de l’école, mais ils ont exigé que mon fils qui est en première ait un uniforme. Mais autant le tissus, que la coupe de ces uniformes me déplaisent. Premièrement, c’est un tissu synthétique, ce qui est mauvais pour la santé des enfants. En plus de quoi mon fils a une peau sensible, et développe des allergies aux tissus qui ne lui conviennent pas. Deuxièmement, les doublures intérieures sont cousues à partir de tissus de basse qualité, qui s’usent trop vite, et donnent l’air d’épouvantail aux enfants. Voilà pourquoi j’ai refusé cet uniforme. Je préfère pour la même somme, ou même si cela doit être plus cher, acheter à mon fils des vêtements cousus dans des tissus à partir de fibres naturelles. »
Certains parents disent aussi leur mécontentement au sujet de cet uniforme unique dont le prix est supérieur à ceux du bazar.
La majorité des écoles ne sont pas encore passée à l’uniforme unique, cependant elles exigent de leurs élèves qu’ils assistent aux cours vêtus de pantalons ou de jupes noirs ainsi que d’une chemise blanche. Pour les filles le port du pantalon est interdit tout au long du mois de septembre, et pour la coiffure ne sont autorisés que les élastiques de couleur blanche, explique Svetlana Tulkieva professeur en première classe à l’école secondaire numéro 59 de Bishkek.
- « En règle générale, l’uniforme unique permet d’atténuer les différences entre élèves. Les élèves ne se divisent plus entre ceux qui ont un bon ou un mauvais niveau de vie. Parce que dans le cas contraire les enfants sont soumis à pression, se divisent et de nombreux sujets de discension se font jour entre eux. Tout cela porte un effet négatif sur la tenue de l’enseignement. Pour cette raison, même si notre école n’applique pas encore le régime de l’uniforme unique dans toutes les classes, de la première à la dernière année de cours nous exigeons des élèves qu’ils viennent en chemise blanche et en jupe noire pour les filles, en pantalon noir pour les garçons. Les filles ne sont autorisées à porter le pantalon que lorsque les températures viennent à baisser. »
Il est connu de tous, que les dépenses scolaires ne s’arrêtent pas avec la préparation des enfants pour la rentrée, par l’achat de vêtements et de matériel scolaire. Ormis les frais d’inscription dans un établissement, avec tout au long de l’année le paiement mensualisé de participation aux finances de l’école, puis à la fin de l’année la participation aux frais de réparation, les redevances pour l’utilisation des manuels scolaires, les compléments de salaire que l’on paye aux personnel d’entretien, de sécurité ainsi qu’au personnel enseignant et autres la liste des frais à la charge des familles est encore bien longue. Cependant, nous reviendrons ultérieurement sur l’ensemble de ces sujets.

Radio Azattyk «Мектепке даярдыктын баасы » (traduction du Kirghiz)

2 avril 2009

Le travail des enfants une atteinte portée aux jeunes générations


Dans la ville de Jalal-Abad nombreux sont les enfants, qui gagnent par leur travail des revenus supplémentaires pour eux-mêmes ainsi que pour leurs familles, le nombre de ces enfants n’est ni connu avec exactitude, ni l’objet d’estimation satisfaisante. Leurs parents ou proche famille ignorent qu’en même temps que le travail de ces enfants leur permet de résoudre leurs difficultés matérielles, il cause à ses enfants une violation de leurs droits fondamentaux ainsi que de graves problèmes de santé.


UNE ENFANCE PRIVEES DE JEUX
Marat qui a 11 ans ne va plus à l’école depuis un an et demie, il travaille comme balayeur chez un coiffeur pour homme, au centre de Jalal-Abad. Le salaire que touche Marat pour un travail quotidien de 9 à 10 heures, se résume aux 50 soms par jour que lui payent la dizaine de patrons coiffeurs chez lesquels il est employé. L’essentiel de son travail consiste à balayer et nettoyer les cheveux tombés au sol, ainsi qu’à faire chauffer l’eau pour laver les cheveux des clients. De la même manière, il effectue également toute sorte de menues travaux que lui confient les patrons coiffeurs (aller chercher des cigarettes etc.) Les raisons pour lesquelles, Marat doit travailler pour gagner cet argent, tiennent à ce qu’il est issu d’une famille nombreuse, et à ce que ses père et mère ne travaillent nulle part.
« A l’époque où je restais à la maison à ne rien faire, nous souffrions vraiment du manque de vêtement et de la faim. Maintenant je ramène de la nourriture à la maison, et mon père m’achète des vêtements comme ceux de mes amis. La seule chose qui ne me plaît pas, c’est que je suis trop fatigué, et d’avoir parfois aussi mal au dos. Je regrette aussi de ne pas pouvoir aller à l’école, et jouer au football avec les autres », - nous dit Marat lors de la discussion.
D’après le responsable des services municipaux de l’éducation, Tchyrmach Dooronov, il n’y aurait dans la ville de Jalal-Abad qu’environ six enfants en âge d’aller à l’école qui travaillent. « Au début de l’année scolaire, il y avait 21 enfants dans cette situation. Grâce aux efforts des professeurs, 15 d’entre eux sont retournés à l’école. A présent, il y a six enfants en âge d’aller à l’école qui gagnent des sous en travaillant au bazar et dans d’autres endroits »,- explique T.Dooronov.
Cependant, d’après du directeur régional du « fond pour l’enfance » K.Sarynbaïeva, le nombre d’enfants travailleurs n’est pas de 6, mais serait plusieurs fois supérieur à ce nombre. En effet, on peut y ajouter un certain nombre d’enfants qui travaillent en dehors des heures d’école. « Il est possible que les responsables des services de l’éducation, pour ne pas être mis en cause, minimisent volontairement le nombre d’enfants qui travaillent. Et maintenant combien d’enfants passent à travers les contrôles des services d’éducation, et continuent à travailler sans même savoir ce qu’est l’école ? »,- nous explique K.Sarynbaïeva.

« LE SAVOIR NE VAUT PLUS RIEN »
La majorité des enfants qui travaillent à Jalal-Abad ont entre 9 et 16 ans, et s’emploient pour l’essentiel comme vendeurs, balayeurs et porteurs sur les bazars. Leurs salaires mensuels couvrent des sommes allant de 700 soms à 1300 soms. Il est notoire que la majeur partie des enfants qui travaillent, le font en raison de difficultés d’ordre social, et sous la pression de leurs parents.
Les parents de ces enfants s’opposent à ce qu’ils aillent à l’école. Actuellement, la manière de voire très répandue selon laquelle avoir de l’argent et bien savoir travailler peut permettre non seulement d’acheter un diplôme mais également d’obtenir un emploie, semble inciter les parents à faire travailler leurs enfants.
Dans le cas de Salima Bozbalaeva, habitante de Jalal-Abad, ce n’est pas un mais ses deux enfants qui vont gagner de l’argent en vendant de la nourriture sur le bazar. Ces enfants vont de temps en temps à l’école, et n’ayant jamais redoublé étudient pour l’un en neuvième, pour l’autre en huitième classe.
« A notre époque, le savoir ne vaut plus rien. Il suffit d’obtenir de justesse une attestation de l’école, pour avec de l’argent pouvoir terminer l’enseignement supérieur. Il n’y a rien de bon à gagné dans le fait de passer onze ans de sa vie à se trimbaler des livres et cahiers. Aujourd’hui, si tu as l’argent, tu trouves facilement un bon travail. C’est pour ça, que j’apprends mes enfants depuis tout petit à savoir trouver l’argent »,- explique Salima.
Cependant ce n’est pas l’opinion de tous les parents dont les enfants travaillent. P.K. habitant de la rue Nagornaya, qui n’a pas souhaité donner son nom, raconte que faute de pouvoir faire autrement, il a dû envoyer son fils travailler comme porteur sur le bazar.
« A cause d’une santé trop fragile, il est devenu trop difficile de mener une existence convenable avec l’argent que gagne ma femme. Alors quelle autre issue, sinon prendre l’argent que mon fils peut gagner sur le bazar ? Pour sûr, j’aimerais autant le voir aller à l’école avec ses amis. Mais la vie nous laisse t’elle le choix ? »

LES ENFANTS AUSSI ONT DES DROITS
Les enfants au travail sont aussi très vite confrontés au problème du paiement de leur salaire par leurs chefs. Autrement dit, les défauts de paiement en temps voulu, ou les cas où l’employeur paye moins que la somme convenue.
D’après ce qu’en dit K.C., qui embauchent des jeunes enfants pour transporter les marchandises sur le bazar des matériaux de construction, l’essentiel pour les enfants ne devrait pas être l’argent. « Il vaut mieux qu’ils se réjouissent de ce qu’ils ont pu apprendre, que de quelques sous gagnés »,- explique K.C.
Nurbek Kacymbekov, juriste au centre d’aide sociale, explique que conformément au code du travail de la République du Kyrghyzstan, l’employeur est tenu d’établir un contrat de travail dés l’entrée en fonction d’une personne de plus de 14 ans. Malheureusement, à Jalal-Abad les enfants qui travaillent n’ont en aucune façon accès à des informations concernant les contrats de travail.
« Avant de mettre au travail des enfants non encore en âge, l’employeur doit aussi impérativement obtenir une lettre établissant l’accord de ses parents. Dans le cas d’un orphelin, il faut une autorisation écrite de travail délivrée par les services locaux de protection. Si l’on s’en tient à cela, personne n’a le droit d’employer un enfant non pubère dans un travail néfaste à la santé »,- explique Nurbek Kacymbekov.
Si nous nous en tenons à la parole de ce juriste, aucun de ceux qui à Jalal-Abad emploient des enfants ne suivent ces prescriptions, au contraire la majorité des employeurs se contentent au contraire d’un accord non-écrit. Or, en vérité il n’y a pas en ville le moindre organisme étatique ou même non-gouvernemental, pour offrir aux parents les clefs d’une compréhension des problèmes liés au travail des enfants.
« Ce n’est pas seulement s’agissant de Jalal-Abad, mais pour l’ensemble de la république que nous manquons de mesures effectives au traitement de ce problème. De plus, l’absence de réglementation concernant le travail volontaire des enfants, participe en soit à la création de toute sorte de problèmes afférant à cette question »,- ajoute Nurbek Kacymbekov.
Enfin, on considère dans le cas des enfants travaillant sur les bazars, contrairement à ceux qui employés par un entrepreneur, que ceux-ci travaillent de leur propre grés. On peut dire qu’il s’agit d’enfants « travailleurs indépendants ». Ces enfants ne sont en contrat travail avec personne, cependant il est de la responsabilité de leurs parents, et de leurs proches de veiller à leur santé.

LA SANTE EST MISE AU SECOND PLAN…
La majorité des parents semblent ignorer, que si travailler dés l’enfance permet d’apprendre très tôt à gagner son argent, cela peut s’avérer également très mauvais pour la santé de ces enfants. Il est médicalement connu que l’organisme d’un enfant continue de se développer, jusqu’arriver entre l’âge de 12 à 18 ans. Si l’enfant travaille beaucoup durant cette période, peuvent apparaître des problèmes de croissance ou de retard de développement des organes ainsi que les premiers symptômes de nombreuses maladies.
Abiba Narymbetova, docteur à la clinique du village de Kirov à Nooken, explique que les personnes qui ont commencé à travailler dés l’enfance développent fréquemment à l’âge adulte (entre 27 et 35 ans) nombreuses maladies tant au niveau des reins, du dos, des jambes, que de la tête. Cela, il est particulièrement important que les parents le gardent bien à l’esprit.
Egen baïke, âgé de 43 ans et qui travaille comme porteur sur le bazar de Jalal-Abad, témoigne également des dégâts que peuvent occasionner à la santé le travail des enfants.
« Depuis mes 8 ans, j’ai effectué toute sorte de travaux pour gagner quelques sous. En résultat d’avoir travaillé dans le froid, ma santé s’est dégradée, et après avoir dépassé 34 ans j’ai commencé à souffrir des reins. Depuis deux ans maintenant, je suis en prise à des maux de tête. Je me suis fait examiner à l’hôpital, ils disent que cela n’est que la conséquence d’avoir travaillé depuis l’enfance »,- raconte Egen baïke.
Le travailler de manière trop précoce peut causer non seulement des problèmes rénaux ainsi que des maux de tête, mais aussi des maladies affectant le système nerveux.
« Tous les enfants aiment l’argent. Lorsqu’il ne leur reste plus un sous en poche, ils cherchent alors à travailler encore plus. Ce désir de toujours gagner plus est de nature à faire obstacle à la récupération du système nerveux. En conséquence, lorsque ces personnes grandissent, elles deviennent sujettes à des accès de colère imprévisibles. Par ailleurs le fait, quand on est petit de faire la vaisselle, de travailler dans un endroit froid peut faire craindre l’impossibilité d’avoir des enfants pour les personnes concernées»,- explique A.Narymbetova.
C’est ainsi que commencer de travailler trop précocement est de nature à imprimer une trace durable à la psychologie de l’enfant. D’après Gülnara Jassolova, psychologue au centre médico-social « Altynaï », l’intérêt pour les études s’éteint vite chez les enfants, qui ont intériorisé un tel rapport à l’argent.
« En effet, l’enfant qui sait ce que peut lui offrir l’argent, ne peut plus s’empêcher de courir après. Les enfants pris très tôt au goût de l’argent, se désintéressent pour une vie sans gain immédiat, et en perdent toute inhibition envers la criminalité. Par là, l’idée que « chacun devrait travailler depuis l’enfance » s’imprime dans la psychologie de ces enfants, et plus tard il est possible qu’ils forcent également leurs propres enfants à travailler très jeune »,- explique G.Jassolova.
Si l’on s’appuie également sur un communiqué des autorités en charge du service militaire, le travail trop précoce des enfants est à l’origine de toute sorte de problèmes quand vient le moment pour eux de faire leur service. Abdurassul Düechebaev, chef du comité militaire de la ville de Jalal-Abad, considère que le cas de jeunes en âge de faire leur service, présentant un poids insuffisant en rapport à leur taille, est résultent souvent d’un travail effectué en d’un âge trop précoce.
« Actuellement, sur 10 enfants 9 ne conviennent pas pour partir faire leur service à l’armée. Si on continue à ce rythme là, à qui pourra-t-on confier l’avenir du Kyrghyzstan ? Ainsi, les parents, qui mettent leurs enfants au travail, feraient bien mieux de réfléchir à leur santé, et de se soucier un peu de leur avenir. »,- dit A.Duïchebaev.

Comme l’indique le juriste Nurbek Kacymbekov, si aucune mesure n’est prise par les autorités pour prévenir le recours au travail des enfants, les problèmes liés à cette question ne feront qu’aggraver, et le danger que l’on fait peser sur la santé des enfants risque de compromettre grandement l’avenir des jeunes générations.


Vendredi, 27 Mars 2009, Sanjar Eraliev, Jalal-Abad, pour le journal "Kyrghyzstan Zaman" "Баланы иштетүү - тукум улоого зыян" (traduction du kyrghyz)

Le fils intelligent (Акылдуу бала)


Il y a fort longtemps vivait un voleur dont la renommé était immense. Celui-ci n’avait qu’un fils, et comme il était très fier de sa profession, il priait régulièrement dieu de voir le jour, où par son exemple son fils deviendrait à son tour voleur. Un jour, alors son fils avait déjà bien grandi, le voleur l’appela à ses côtés pour lui tenir conseil.

— « Mon enfant, si tu te dis mon fils, écoute ce que je vais te dire. Hériter du métier de son père, tel est le devoir d’un fils. Ainsi, c’est à toi maintenant d’embrasser la profession de voleur. Saches qu’il n’existe pas de meilleur métier ! »
Son fils lui répondit alors,
— « Père, si vous souhaitez que je devienne quelqu’un, alors ne m’apprenez pas les tours de votre métier de voleur. Faîtes plutôt en sorte que je prenne un métier honnête. »
A ces paroles, le voleur ne pouvant retenir sa colère se fâcha :
— « Qu’est-ce à dire que tu ne suives pas mon chemin ? De quelle impertinence te défies-tu de ton père? Parfait, je ne le répèterai pas deux fois ! Cette nuit, tu iras voler ce bœuf à la robe acajou qui appartient à Joochbaï du village d’en bas. Cet animal a engraissé à un point que c’en est un miracle, et je ne trouverai pas le repos avant d’avoir mis la main dessus. Si tu ne ramène pas cette animal ici, ne t’avise plus de m’appeler père, et disparais de ma vue. »
Le fils comprenant que son père ne plierait pas à la raison, fit mine d’accepter sortit et alla trouver Joochbaï, auquel il acheta ce fameux bœuf acajou au prix des semences d’automne. Or, son père n’en savait rien et se réjouissait à l’idée, que son fils soit devenu voleur pour de bon. La nuit venue le père et le fils égorgèrent le bœuf, arrachèrent sa peau, tranchèrent sa viande pour la suspendre. Le jour suivant, plaçant la marmite sur le feu, ils y firent cuir la viande à gros bouillon, le fils s’adressa alors à son père en ces termes :
— « Père, avant que de manger cette viande, montons chacun notre tour sur la balance. Quand la viande de ce bœuf sera terminée, nous pourrons savoir lequel de nous deux a pris le plus de poids. Acceptez-vous ? »
Le père, sans trop comprendre de quoi il retournait, accepta et chacun son tour ils montèrent sur la balance. Un mois ne fut pas passé, qu’ils vinrent à bout des derniers de la viande de ce dit bœuf. Tous deux montèrent de nouveau sur la balance. Or, ne voilà t’il pas que notre voleur de père a maigri de plusieurs kilos, tandis que son fils a lui grossi d’autant. Le père fort étonné se retourna vers son fils.
— « Père, il n’y a rien d’étonnant à cela, pendant que vous mangiez votre part, la crainte que ce vol ne soit découvert ne vous quittais pas, tout en mangeant vous vous efforciez de n’être vu de personne. Quant à moi, ce bœuf acajou, en vérité je l’ai payé pour son juste prix, ainsi je ne partageai nullement vos craintes, et j’ai mangé à ma faim, sans me faire de soucis. Vous n’avez pu manger à votre faim. Ainsi, retenez bien, que seul un repas gagné au travail fait engraisser son homme. »
— « Mon fils, moi qui ai toujours été voleur, je n’y avais jamais pensé. Désormais, comment ne verrai-je pas de moi-même, que le vol est une mauvaise chose ? Ta décision de ne pas aller par ce chemin, pour faire le choix d’un travail honnête était donc juste. J’ai enfin compris ! » — dit son père, qui dit-on abandonna aussi le brigandage.
(Кыргыз эл жомоктору)